Du pragmatisme en matière économique.
Tout le monde a aujourd’hui en France sa petite idée sur le comment sortir de l’impasse économique et financière dans laquelle la France s’est retrouvée du fait d’une élite politique imprévoyante qui aura géré les affaires publiques avec l’incurie que l’on sait. Il y a à peu prés autant d’économistes en France que d’entraineurs de l’équipe de France la veille d’une coupe du monde de football. Mais ce qu’il manque souvent dans des discours finalement assez convenus, c’est ce pragmatisme qui fait cruellement défaut à l’esprit français, rationaliste à l’excès et poursuivant avec une rare constance la chimère idéologique. De petits cercles sectaires et intolérants tiennent ainsi des discours déconnectés et de la réalité et de l’entendement du plus grand nombre.
Bienvenu au théâtre de Molière ! Il y a ainsi ceux anti monétaristes mais à l’analyse paradoxalement monétaire qui mettront tout sur le dos de l’Euro, qui tel le bouc émissaire se voit chargé de tous les péchés du monde de la haute finance et du grand capital. Le retour au franc sur la parité avec l’euro (sic !) est présenté comme une panacée. C’est à grand coup de dévaluations compétitives, d’inflation galopante et de déficit budgétaire que nos bons « docteur Diafoirus » se proposent d’achever le malade. Les adeptes de la saignée ont une toute autre analyse. Le problème, pour eux, c’est essentiellement la dette. Les solutions du type FMI, dont on connait les « retentissants succès » dans les pays du Tiers monde, sont à l’honneur pour traiter des économies européennes. Règle d’or, alignement sur la pratique budgétaire allemande, mise sous tutelle des mauvais élèves européens par les commissaires politiques de Bruxelles, sont aux menus de l’élite qui ne veut pas perdre la face et de l’oligarchie qui compte bien encore s’enrichir sur le dos des peuples.
L’économie se fonde sur la réalité. Et dans nos sociétés développées, d’abord et avant tout sur l’équilibre entre les producteurs et les commerçants. Il faut des marchandises, un appareil de production donc et des marchands pour commercialiser nos produits dans le monde. La base des déséquilibres actuels est donc à aller chercher, comme nous le savions encore à l’orée des années 80 et du serpent monétaire européen, du coté des déficits commerciaux et du déséquilibre subséquent de la balance des paiements. Ainsi, l’absence de compétitivité de la France par rapport à l’Allemagne, notre premier partenaire commercial et de loin, est la principale cause de la désindustrialisation de la France dont les conséquences en terme de chômage et de déficit sociaux sont une évidence, comme d’ailleurs le déficit de la balance des paiements l’origine de la divergence des taux d’intérêts entre la France et l’Allemagne sur les marchés obligataires avec les conséquences désastreuses pour notre pays en terme de dette souveraine. Si nous ajoutons à cela, l’incurie honteuse de nos dirigeants en matière de gestion des deniers publics et la rigidité monétaire de l’euro qui ne permet plus de donner un peu de souplesse en terme de dévaluation compétitive, entrainant non pas une convergence mais plutôt une divergence des économies européennes, vous avez là tous les ingrédients de la crise actuelle et de la récession qui nous attend.
Un peu de TVA social qui assurera le financement des deux pourcents qui manque aujourd’hui à la recherche développement du « made in France » qui va permettre de réindustrialiser la France, une rigueur budgétaire de bon aloi et une gestion des deniers publics en bon père de famille, le passage de la monnaie unique à la monnaie commune qui donnera pendant un temps un peu de mou sur le théâtre de la compétitivité entre nations européennes, c’est le mixte pragmatique qui seul rendra un futur à la nation. Une simple affaire de bon sens à y regarder de plus prés !
Nicolas STOQUER.

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