Intervention de Nicolas Dupont-Aignan
Chers Collègues, Mesdames et Messieurs, Chers Amis,
Brigitte BRIERE vous a annoncé l’empêchement impérieux qui, en toute dernière minute, ne me permet pas d’être parmi vous ce soir.
Le soutien que nous a apporté cet après-midi Gilles BOURDOULEIX, Député-Maire de Cholet et président du CNI, m’oblige en effet à demeurer à Paris pour répondre aux sollicitations des médias.
Je tiens à m’en excuser très sincèrement et à vous dire combien je regrette cette absence.
D’abord parce que j’aurais eu grand plaisir à faire la connaissance des élus de la Pointe de Caux qui, comme nous à Debout la République, ne s’en laissent pas compter par les puissants et font toujours le choix de rester debout, au service de leurs concitoyens, c’est à dire au service d’une certaine conception de l’intérêt général.
Je ne vous cacherai pas non plus qu’il m’aurait été agréable de revenir dans votre belle région que je connais bien et que j’apprécie beaucoup. Une région mondialement célèbre pour ses paysages et sa haute qualité de vie, loin du stress et de la pollution de l’Ile-de-France, particulièrement en période de campagne régionale !
La qualité de vie de votre région est un trésor qu’il vous faut préserver et valoriser. C’est bien pourquoi je voulais venir parmi vous ce soir pour soutenir votre combat contre la création d’un nouveau terminal méthanier, porté par la société Poweo avec l’appui des copains du CAC40. En passant, vous me permettrez de noter que ce projet découle, ne serait-ce qu’indirectement, d’une libéralisation échevelée du marché européen de l’énergie. Une libéralisation que j’ai toujours combattue et que je continuerai à combattre, durant ces prochains mois qui seront décisifs, avec tous nos amis de DLR.
Ce projet méthanier constitue un triple déni, démocratique, environnemental et touristique. Démocratique, car comment se satisfaire d’un processus de concertation publique qui néglige à ce point le vœu unanime des premiers intéressés, les habitants et leurs élus, qui mieux que quiconque savent ce qu’il en coûterait à leur vie quotidienne, voire à leur santé. Environnemental, car il est aberrant à l’heure du Grenelle de l’environnement de développer ainsi des énergies fossiles appelées à disparaître d’ici à quelques décennies, au risque de porter un préjudice de très long terme, sinon irréparable, à l’écosystème et à des paysages uniques au monde. Touristique, enfin, car ce n’est pas en déplaçant de quelques centaines de mètres le terminal que l’on sauvera la plage de Saint-Jouin-Bruneval, dont je souhaite saluer particulièrement la ténacité des élus, ni que l’on développera de nouvelles activités respectueuse des habitants et du site, comme un port de plaisance par exemple…
Brigitte BRIERE s’est engagée de longue date dans ce combat essentiel pour votre région, avec la même fougue qu’elle mobilise pour dénoncer les parcs éoliens défigurant les paysages normands ou défendre les producteurs de lait mis à genoux par la rapacité de quelque gros distributeurs.
C’est donc tout naturellement qu’elle porte ce combat dans le cadre de cette élection régionale, pour lequel je lui apporte tout mon soutien et toute ma confiance.
Je reste bien sûr à votre disposition pour relayer autant que possible votre cause à Paris, en particulier à l’Assemblée nationale.
Je vous souhaite donc à tous une réunion fructueuse et je vous fais une promesse : celle de vous rendre visite ces prochains mois pour, comme prévu initialement, examiner avec vous ce dossier.
Nicolas DUPONT-AIGNAN, Député de l’Essonne
Président du rassemblement gaulliste, Debout la République
Intervention de Jean-Guy Dubois
C’est tout naturellement que nous apportons notre soutien à toutes celles et tous ceux qui s’opposent à l’implantation du terminal gazier sur le site d’ANTIFER.
Au-delà de l’enjeu écologique légitime, ce projet, et, les forces d’oppositions qui se sont créées cristallisent les craintes d’hier et symbolisent parfaitement le combat à venir : associer de manière définitive maîtrise des approvisionnements de notre énergie et souveraineté nationale.
Au-delà de l’enjeu d’indépendance énergétique, ce projet met face à face les partisans du tout marché et les opposants à la défense environnementale du patrimoine géographique local. Il met en évidence les carences du tout libéral face aux exigences écologiques modernes et aux nouveaux enjeux soulevés par le « Grenelle de l’environnement ».
Au-delà de ces enjeux, ce projet souligne le déficit démocratique et l’abandon de ses responsabilités par les pouvoirs publics. En effet, « la demande énergétique nationale procède d’individus et d’agents économiques appartenant à des collectivités politiques et définit donc un enjeu de légitimité pour la puissance publique. Celle-ci est redevable devant les citoyens des conditions globales de la prospérité et de l’indépendance Nationale ».
L’action de la France en ce domaine a été sous l’impulsion du Général de Gaulle traditionnellement caractérisée par une défiance vis à vis du marché et par la volonté d’établir une liaison directe entre « demande nationale » et « ressources nécessaires » pour la couvrir.
Dés lors il est permis d’envisager deux actions possibles :
Assurer une exploitation ou/et production d’énergie suscitant peu de dépendance extérieure (ex. Le programme électronucléaire français), Substituer le contrôle de ces énergies par des firmes par des liens privilégiés avec des nations amies aux besoins complémentaires.
Nous voyons donc combien tant sur la forme que sur le fond, il est de notre devoir de soutenir l’ensemble des élus et association qui s’opposent au projet du terminal méthanier d’Etretat – Antifer.
Symbolique à bien des égards ce combat nous ramène à cette éternelle vérité : Ce que tu ne fais pas pour ton pays, ta région, ce ne sont pas les autres qui le feront … et, surtout pas un consortium à 100% de capitaux étrangers.
Jean-Guy Dubois, Ancien Vice-Président de Présence et Action du Gaullisme.
Nos sociétés modernes pour pouvoir fonctionner ont besoin d’énergie, car sans énergie tout s’arrête. Nos usines, nos trains, nos machines, toutes nos villes et nos campagnes seraient réduits à l’immobilité la plus totale ! Le problème qui se pose à nous est donc d’assurer la production de cette énergie au moindre coût dans le respect de l’environnement avec la garantie que le mode d’énergie choisie garantisse une production constante permettant de garantir notre indépendance énergétique totale.
En 2001, la consommation annuelle commerciale d’électricité dans le monde s’élevait à 15,5 billions de kW/h. Pour fournir cette quantité d’électricité par la seule énergie éolienne, si l’on se fonde sur des installations d’une capacité de 2,5 MW qui produisent dans des conditions de vents moyens 6 millions de kW/h par an, il faudrait installer sur la planète 2,5 millions éoliennes. Pour produire cette même quantité d’énergie avec des installations photo voltaïques, si l’on se fonde sur un rendement de 75 kW/h par mètre carré de capteurs solaires et par an, valeur faible dans les conditions d’ensoleillement du centre de l’Europe, il faudrait installer dans le monde 210 000 kilomètres carrés de cellules photovoltaïques, ce qui est nettement moins que la surface couverte des toits dans l’Union européenne (avant l’élargissement de 2004) dans laquelle on pourrait intégrer les cellules photovoltaïques. Dans le cas des centrales solaires thermiques, en tenant compte du fait qu’on produit environ 10 millions de kW/h par hectare de surface de captage, il faudrait dans le monde 155 000 kilomètres carrés de collecteurs que l’on pourrait installer dans des régions désertiques ou non utilisées.
Pour couvrir les besoins actuels de chauffage de la population mondiale à l’aide de la chaleur solaire, et en se fondant sur la consommation de l’année 2001 soit 3,34 milliards de kW/h, il suffirait de 15 000 kilomètres carrés sur la base moyenne de 225 kW/h de production de chaleur solaire par mètre carré de surface de captage.
Pour couvrir les besoins actuels en carburant fossile (pétrole et gaz notamment) soit 21millions de kW/h par des biocarburants, il faudrait, en se fondant sur un rendement moyen de 50 000 kW/h par hectare, consacrer 4,19 millions de kilomètres carrés de surfaces aux cultures permanentes consacrées uniquement à la production énergétique soit 8 % des surfaces mondiales de forêts, de prairies et de surfaces agricoles, avec des cultures renouvelables pour lesquelles les récoltes annuelles sont identiques à la biomasse qui y repousse l’année suivante. Il existe également un potentiel supplémentaire de régions semi-arides cultivables qui représentent plus de 10 millions de kilomètres carrés. Le potentiel énergétique de la nature ouvre d’autres portes sur des domaines techniques encore plus vastes. Le soleil et ses dérivés, le vent, les vagues, l’eau ou la biomasse fournissent à la terre quinze mille fois plus d’énergies que nous en consommons actuellement ! C’est dire que les énergies propres et renouvelables sont quasiment inépuisables et elles sont les seules nous permettant d’effectuer un véritable développement durable.
En effet dans quelques années surviendra le pic pétrolier, probablement entre 2010 et 2020, c’est-à-dire demain en fait ; alors, la production mondiale de pétrole commencera à décliner. Nos sociétés doivent absolument se préparer à cette échéance inéluctable. Ne pas le faire demain, nous contraindrait à le faire après-demain dans les pires conditions sous la contrainte d’une crise énergétique majeure lors d’un conflit armé éclatant dans un pays producteur de pétrole ou de gaz ou dans un pays disposant d’une situation stratégique par ou passe des gazoducs ou des oléoducs ce qui arrive, hélas, très fréquemment. En effet, vous ne pouvez pas comprendre les guerres d’Afghanistan, de l’Irak ou de la Géorgie si vous ne connaissez pas leurs situations stratégiques quant à l’extraction des énergies fossiles : le contrôle de l’Afghanistan doit permettre de sécuriser l’approvisionnement du gaz et du pétrole d’Asie centrale ; la Géorgie doit permettre de laisser passer le pétrole d’Azerbaïdjan sans passer par la Russie. C’est dire que les énergies fossiles apportent sûrement la violence et la guerre comme l’orage amène la foudre. Avec les énergies propres et renouvelables, rien de tout cela n’est possible ! Personne ni aucun Etat en particulier ne pouvant évidemment pas contrôler le soleil ou le vent.
Le système actuel des énergies fossiles a échoué à approvisionner la population mondiale ; en effet, aujourd’hui, un tiers de l’humanité n’a pas accès à l’énergie et vit dans un état de pauvreté insoutenable à toute conscience humaine. La croissance du chômage structurel dans les pays industrialisés et la paupérisation du tiers-monde ne peut être surmontée que par la création de valeurs dans l’agriculture. Ors celle-ci ne peut venir que de ces énergies propres et renouvelables que constitue la biomasse grâce à la culture destinée aux biocarburants. Plus généralement, on constate que les énergies propres et renouvelables sont donc un facteur important favorisant la détente, la justice et la paix dans le monde.
Étant dans l’obligation d’extraire notre énergie dans un autre pays que le nôtre, nous devenons donc dépendant de ces pays extracteurs de pétrole ou de gaz. S’ils se situent en dehors de notre sphère d’influence nous aurions définitivement perdu tout pouvoir et donc toute indépendance nationale. Il nous faut donc recouvrer notre autonomie énergétique que seules ces énergies nouvelles peuvent nous apporter.
L’intérêt majeur d’une stratégie menant à l’autonomie énergétique par les énergies renouvelables est donc la possibilité de garantir et de rétablir le droit de la France (et de celui de tout Etat dans le monde soucieux de son indépendance) à l’autodétermination, à la démocratie et à la liberté économique. Pour nous écologistes et souverainistes, les énergies renouvelables sont donc les seules énergies pouvant réaliser notre projet politique fondé sur l’indépendance nationale. Même l’énergie nucléaire ne le permet pas, car nous restons dépendant des pays producteurs d’uranium ! Avec les énergies fossiles, nous restons totalement dépendant du grand marché mondial de l’énergie et du libre-échangisme généralisé symbolisé par l’Union européenne (U.E.) ou l’Organisation Mondiale du Commerce (O.M.C.).
L’avenir de nos sociétés ne sera pas assuré si l’on ne donne pas la priorité aux ressources locales utilisées localement. La priorité accordée sur le marché mène tout droit au développement des énergies renouvelables. Et, tôt ou tard toutes les sociétés, tous les états de la planète devront y avoir recours sous peine de succomber à des crises à répétitions de plus en plus graves menant jusqu’à la guerre. La crise économique actuelle nous menace de dépression mondiale, il faudra donc profiter du bond de croissance due aux énergies renouvelables. L’économiste russe Nikolaï Kondratiev avait montré que les nouvelles technologies, produites en masse et en peu de temps, comme le furent en leur temps le chemin de fer, l’automobile, les ustensiles de cuisine ou la télévision, engendrent une vague conjoncturelle longue d’où émergent de nouvelles branches industrielles et de nouveaux emplois. Voilà une solution-clé à la crise actuelle ! Nous serions à l’aube d’une période longue de forte croissance qui porterait l’économie vers une nouvelle structure. Il est temps de choisir l’avenir et un développement durable de notre société et de notre économie.
C’est pourquoi la Confédération des écologistes indépendants (C.E.I) se prononce clairement contre le projet de port méthanier au Cap d’Antifer prés du Havre. Les énergies fossiles ont fait leur temps. La construction de ce port proche dans une zone touristique et écologique importante et d’une zone essentiellement agricole, en contradiction totale avec les principes affirmés lors du Grenelle de l’environnement ne peuvent plus être admis. Cette opération gigantesque, sous couvert de créations d’emplois, est en fait une vaste opération économique au service exclusif de quelques gros intérêts privés ; l’intérêt général est complètement oublié. En effet, la société « Gaz de Normandie » n’a de normand que le nom puisqu’elle est une filiale du Groupe POWEO composé de fonds de pension et de capitaux autrichiens et australiens.
Dans le passé tous les investissements dans la région en provenance de l’étranger n’ont apporté que très peu d’emplois locaux ! Les expériences antérieures ont donc prouvées que ces organismes été attachés avant tout à une rentabilité maximum ! donc à une main d’œuvre bon marché et corvéable à merci….Très peu de Normands en profiteront !
C’est dire que, le grand écart permanent entre les affirmations d’une politique et les réalisations concrètes de nos responsables ne peuvent que décourager nos concitoyens vis-à-vis de la chose publique. La C.E.I. prendra toute sa part dans ce combat important et emblématique d’une certaine conception de la politique et des intérêts de la France et des Français.
Joël Rigolat, Secrétaire national de la Confédération des Ecologistes Indépendants.
Intervention de Francis Choisel
Mesdames, Messieurs, Chers collègues,
Si je vous apporte aujourd’hui mon soutien, celui de l’Alliance pour la Souveraineté de la France et, à travers elle, celui de tous les souverainistes, c’est parce que vous m’avez convaincu.
Vous m’avez convaincu que votre combat est légitime, que votre cause est juste.
Permettez-moi de vous dire pourquoi, ou plutôt – parce que vous, vous le savez – de dire à tous ceux qui nous écoutent et à tous ceux qui nous lirons, ce que j’ai retenu du dossier que vous m’avez transmis, et que j’ai étudié avec soin.
Il y a ici ce que vous appelez la côte d’Albâtre, symbolisée par le nom d’Etretat, par ses falaises, dont tout Français est fier, à qui tout Français est attaché, comme à un joyau de son patrimoine. Et puis une plage. Non pas une plage déserte mais une plage fréquentée, une plage populaire. Enfin un lieu de mémoire, le souvenir d’un débarquement réussi de nos alliés britanniques en février 1942, un symbole de la lutte contre l’envahisseur hitlérien, de la lutte contre le nazisme.
Or, sur ce lieu, une société appelée « Gaz de Normandie » a jeté son dévolu. Gaz de Normandie ? Abus de langage ! Il s’agit en fait, aujourd’hui en tout cas, d’un consortium d’intérêts autrichiens et australiens : l’Autrichien Verbund-Poweo pour 73 %, l’australien CIM-SNC pour le reste. Où est la Normandie dans tout cela ? Et la France ? Et même l’Europe ? 100% de capitaux étrangers, 27 % de capitaux extra-européens.
Il n’y a donc, dans ce projet que vous combattez, ni intérêt national, ni intérêt général, malgré les décisions administratives qui prétendent le contraire. C’est une évidence pour moi, comme elle le sera pour tout souverainiste, pour tout Français de bonne foi.
Maintenant, ce projet, quel est-il ? Un « terminal méthanier ». C’est peu dire. Regardez la brochure éditée par les promoteurs du projet. C’est à elle que je me réfère et à elle seulement. Il s’agit d’un port spécialisé dans l’importation du gaz mais il s’agit aussi d’importantes installations de stockage et de transformation du gaz livré, autrement dit un complexe industriel, une usine à gaz… Et ce n’est pas tout : un peu plus loin, une centrale thermique pour produire de l’électricité ; et entre les deux, en même temps que pour relier ce terminal au réseau gazier européen, un gazoduc. Ce n’est pas une petite affaire. Cela ne passera pas inaperçu dans le paysage !
Cela est d’autant moins une petite affaire que la brochure officielle que j’ai en main, et qui se veut rassurante, explique courageusement que tout a été prévu pour limiter les risques : Bureau Véritas, étude de scénarios, « PPIR », etc. Tiens ?! Voici autre chose. Il y a des risques, il y a danger. Il y a en effet le stockage et le traitement de gaz, et une « torchère » au milieu de l’installation. Un torchère qui, paraît-il, ne fonctionnera pas toujours, mais enfin il y aura du feu, avec le gaz et aussi le pétrole d’Antifer juste à côté. C’est un mélange explosif ! à proximité de zones très habitées. Un mélange explosif qui, ailleurs, dans des installations semblables, a déjà explosé et fait d’énormes dégâts : à Fos-sur mer en 2004, par exemple ou à Skidda en Algérie, en 2003. « AZF délocalise de Toulouse à Etretat », si vous me permettez l’expression. Attention, casse-cou ! D’autant plus qu’on me dit que ces sociétés exotiques n’ont aucune expérience en la matière, seulement leur bonne volonté et le soutien des pouvoirs publics.
Je continue à feuilleter la brochure destinée à nous convaincre : L’écosystème sera préservé, nous dit-elle en substance. Compte tenu de ce que je viens de dire, j’en doute.
Le chantier, ce sera du travail pour les habitants et pour les entreprises locales. J’en doute aussi, même si la CCI, benoîtement, l’affirme également. Dans le monde tel qu’il est, tel que nous le fabriquent les directives européennes et les oukases de la mondialisation, je vois plutôt arriver de la main d’œuvre à bas prix, des entreprises à bas coûts : de la concurrence déloyale plutôt que des commandes et de l’emploi.
Tout cela suffirait à rejeter le projet, et plutôt dix fois qu’une. Mais il est une dernière remarque que je voudrais faire. Ce complexe énergétique, constitué d’une centrale à gaz et de son approvisionnement par voie maritime relayée par gazoduc, ce n’est rien d’autre que le recours à une énergie fossile, en voie d’épuisement et polluante – même si elle l’est un peu moins que le pétrole ou le charbon. Comme si le sommet de Copenhague et le Grenelle de l’Environnement n’avaient pas eu lieu ! Comme si, depuis belle heurette, EDF n’avait pas remplacé ses centrales thermiques par des centrales nucléaires qui ne rejettent aucun gaz carbonique ! Comme s’il n’existait pas les énergies renouvelables, les énergies, douces, les énergies propres !
Le gaz ? Permettez-moi de vous dire qu’écologiquement et techniquement, c’est un retour en arrière. Un projet qui aurait peut-être eu sa raison d’être il y a cinquante ou soixante-dix ans mais pas en 2010. Un projet tout bonnement archaïque.
Vous, élus des communes environnantes, vous qui venez de vous constituer en comité de lutte, toutes tendances confondues, vous l’avez bien compris. Vous avez imaginé une solution alternative. Car il y a un solution alternative, tournée vers l’avenir, adaptée au site, génératrice d’emploi, pouvant se substituer au terminal pétrolier lui-même qui est condamné à terme : un centre de recherche, ou d’expérimentation, sur les énergies marines. Cela reste à concrétiser, à préciser. Mais l’idée est là. Elle est bonne. Elle serait même susceptible d’être financée dans le cadre des objectifs prioritaires du « Grand emprunt » du Président de la République.
Alors, me direz-vous, comment cette usine à gaz, cette sorte de revenant des années cinquante, qui a tout faux sur tous les plans, comment cette usine à gaz, donc, peut-elle avoir des soutiens ?
La réponse tient dans une formule : « ouverture du marché énergétique national ». Ouverture aux nouveaux opérateurs, aux opérateurs privés, aux opérateurs étrangers. Voilà pourquoi les capitaux sont étrangers, pourquoi on ne demande rien à Gaz de France – qui, soit dit en passant, aurait pu construire une plateforme en mer, ce que « Gaz d’Australie et d’Autriche réunies » ne sait pas faire.
Les pouvoirs publics veulent montrer que nous ne sommes pas d’affreux protectionnistes, de méchants nostalgiques du bon vieux service public du gaz et de l’électricité. Ils ont peur des foudres de Bruxelles. Alors on donne des gages, vous me permettrez de le dire, à n’importe qui. On déroule le tapis rouge, sans se soucier de l’opposition unanime des habitants de la région, à des gens qui viennent dans un seul but : tailler des croupières à EDF et à GDF.
Ce projet, décidément, n’est pas d’intérêt général, si le mot « intérêt général » a encore un sens. C’est même tout le contraire.
C’est pourquoi nous, représentatifs aujourd’hui, des courants gaulliste, écologiste et souverainiste, nous vous apportons notre soutien, c’est pourquoi nous sommes prêts à vous aider localement, pourquoi nous sommes déterminés à porter ce débat sur la scène politique et médiatique nationale, à alerter les parlementaires, à saisir le Président de la République et le Gouvernement.
Nous le ferons parce que ce qui est d’intérêt général dans cette affaire, ce qui est d’intérêt national, ce n’est pas le terminal gazier, c’est votre refus, c’est votre combat. Vous devez gagner.
Francis Choisel, Président de l’Alliance pour la Souveraineté de la France.
Intervention de Nicolas Stoquer
Aujourd’hui est une journée particulière pour le Rassemblement Pour La France qui a initié il y a de nombreux mois maintenant la mobilisation des gaullistes, des souverainistes et des écologistes indépendants sur le dossier de la construction aux portes de la célèbre cité balnéaire d’Etretat d’un méthanier, d’un gazoduc, d’une centrale thermique… Hé ! Oui ! Rien que cela… par un consortium étranger, holding financier aux mains d’Austro Australien à moins qu’il ne faille dire Australo autrichien. Enfin, vous avouerez, c’est assez similaire… Les techniques utilisées pour la construction du Terminal sont jugées absolument archaïques par tous les experts dignes de ce nom mais ce n’est pas grave puisque l’attribution du marché est la conséquence de directives européennes en matière de dérégulation du marché de l’énergie… Donc, c’est bien ! Enfin… Pour l’Europe de Bruxelles, c’est bien !
Nous sommes à moins de deux mois des élections Régionales en France et donc en Haute Normandie. Il a été entendu entre nous, en liaison avec le comité des élus, de ne pas interférer avec la politique locale du moment sur un dossier de cette importance, aux conséquences nationales mais aussi internationales et donc de s’abstenir de prêter le flanc aux accusations de récupérations politiciennes. Notre marque de soutien aux élus de la côte et notre refus du projet Poweo pour la Normandie prend donc aujourd’hui la forme d’un certain nombre de témoignages et d’analyses provenant de personnalités politiques nationales de notre famille de pensée. Ainsi va-t-il être fait la preuve dans ces colonnes qu’il est parfaitement possible de s’entendre et de s’unir entre mouvements politiques de sensibilités analogues sur des dossiers concrets et dont l’enjeu nous dépasse tous. Viser haut tout en restant modeste ! L’inverse de biens des postures…
Nous prenons date ! Demain, le combat prendra un autre tour ! Il s’étendra et s’élargira ! Il aura aussi une traduction politique, pourquoi s’en priver ?, nous l’annoncerons vendredi sur le site du RPF.
Mais comment a-t-on pu en arriver là ? Songez un peu à cette côte d’Albâtre, falaises monumentales de craie blanche, presque immaculée ! Avant les touristes, les peintres ont immortalisé les lieux, Courbet, Monet, Boudin ! Les écrivains, aussi, Flaubert, Maupassant ! Les falaises, encore et toujours, l’attrait du vide, le précipice, le romantisme… Et puis Maurice Blanc, tout de même, Arsène Lupin, L’Aiguille creuse… Et aujourd’hui ? Un tuyau crevé qu’on ose appeler Gazoduc.
Etretat, Charles Nungesser, François Coli, 1927, Tendre de toutes ses forces vers New York ! Trajectoire qui se brise, l’aventure aéronautique est à ses débuts… Entreprise Prométhéenne qui va si bien avec la hauteur des falaises, toujours ! Aujourd’hui, un tout petit projet, technologiquement rétrograde, pour de tous petits intérêts…Enfin, façon de parler ! Financièrement, gros intérêt ! Et qui dit gros intérêt financier dit…Intérêt Général, évidemment ! Ainsi va l’Etat, de nos jours !
Poweo est une drôle de société. Un Holding…Dirigé par un certain Charles Beigbeder ! Né à Neuilly… C’est pas interdit ! Frère de …Frédéric…Ah ! L’amuseur public, vous savez, la jet set, etc. Jusqu’à présent, ce genre d’individus, on les imaginait plutôt sur une autre côte, la côte d’Azur, La Provence… Une belle région, aussi, la Provence, hein ! Marquée elle aussi dans sa topographie même par les peintres, les écrivains ! C’est Cézanne, la sainte Victoire ! Le Patrimoine national, dans toute sa splendeur. Alors, on bétonne la côte. Alors, on tue l’âme de la région, pour les intérêts financiers, les tours opérators. On tue puis on empaille. Ce sont des destructeurs. Ils haïssent au plus profond d’eux-mêmes ce que notre pays, notre civilisation représente. On bétonne en Provence, on « Terminalise », si vous voulez bien me passer le néologisme, les côtes Normandes. C’est la phase terminale, tout le monde descend ! Bienvenue à Etretat, ville gazière !
Un autre Terminator, en Californie, gouverneur de l’Etat, Arnold Schwarzenegger pour ne pas le citer, a plus le soin de ses administrés que nos édiles et responsables nationaux.
Ses méthaniers, lui, il les offshorise bien au large des côtes avec une technologie française Gaz de France digne du XXIème siècle. Serions-nous devenus un pays sous développé si peu respectable pour que l’on ose nous proposer la solution Poweo Verbund Gaz de Normandie ? Ou une République Bananière ? Plan d’Intérêt général concédé par le Préfet à une entreprise sélectionnée par le Port Autonome du Havre, Etablissement Public National, entreprise qui vient d’admettre publiquement qu’elle n’avait pas les moyens de mener à terme financièrement son projet… Je laisse à chacun le soin de répondre.
Nicolas Stoquer, Président du Rassemblement Pour la France.
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Le 24 octobre dernier, 250 élus normands, toutes tendances politiques confondues, ont lancé un collectif pour s’opposer l’implantation d’un terminal gazier, d’un gazoduc et d’une centrale thermique sur la côte d’Etretat, aux portes de la célèbre station touristique, projet soutenu par Antoine Rufenacht, maire UMP du Havre et par la CCI de la Seine-Maritime. Ce projet, initié il y a maintenant trois ans et désormais porté par un consortium d’intérêts australiens et autrichiens, suscite de nombreuses interrogations en matière d’environnement, de risques technologiques, de maîtrise du marché énergétique national et se place dans une perspective archaïque de recours accru aux énergies fossiles, à rebours des objectifs de Copenhague et du Grenelle de l’environnement. |
Localement, face à l’Etat qui soutient étonnamment le projet, le comité des élus, appuyé officiellement par les diverses collectivités locales auxquelles ils appartiennent, a déjà obtenu un premier succès : la société concessionnaire, « Gaz de Normandie », à l’approche des élections régionales, vient d’être amenée à solliciter du préfet de région une « suspension » provisoire du projet
Il poursuit le combat pour obtenir le retrait pur et simple du projet et son remplacement par un centre de recherche sur les énergies marines.
A l’occasion d’une rencontre qui aura lieu en présence de la presse
des personnalités nationales représentatives des courants écologiste, gaulliste et souverainiste apporteront leur soutien à ce combat dont ils veulent saisir l’opinion par delà les limites de la Haute Normandie et solliciteront officiellement l’arbitrage du Président de la République et du Gouvernement.
Télécharger notre dossier ANTIFER
Pour plus d’infos contacter :
Presse nationale
Nicolas Stoquer, président du R.P.F. : 06.83.20.27.91 ou
Presse locale
Patrick Bucourt, maire d’Heuqueville : 06 03 39 69 32 ou

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