Rassemblement pour la France - RPF
L’abstention était une pathologie, vice à redresser absolument.

Abstention : Rejet ou exclusion ? par Nicolas Stoquer

L’objection de conscience n’était elle pas la dernière marche avant l’abjection de conscience !

samedi 20 juin 2009 par Nicolas Stoquer (Président)



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Longtemps les médias comme la classe politique traitèrent l’abstention sur le mode déploratif. On se désolait du taux d’abstention tout en constatant qu’il était plus élevé encore à l’étranger, histoire de relativiser nos tristes performances. « Il fallait en être ! », le système, comme tous les systèmes, ne détestant rien de plus que l’indifférence. « T’étais pour ou t’étais contre, mais t’étais présent, ici et maintenant ! » L’abstention était une pathologie, vice à redresser absolument. L’objection de conscience n’était elle pas la dernière marche avant l’abjection de conscience, la fameuse lepénisation des esprits. En être, participer, car « les absents ont toujours torts », émission à la mode au tournant du siècle !

Les souverainistes qui voulaient participer aux élections européennes, toujours avec un wagon de retard sur une réalité lancée à toute allure et jouant aux montagnes russes, pensaient là tenir leur sésame, le mot de passe qui leur permettait de participer, eux aussi, aux joies et délices de la modernité. C’était sans compter sur la dernière mutation en date de nos représentations postmodernes et ahistoriques.

Ne pas participer aux suffrages universels, aux temps du lepénisme triomphant, lorsque le système faisait encore l’effort de nous faire croire qu’il existait un clivage, une alternative était non seulement une insulte aux efforts consentis, mais une marque d’exclusion politique, redoublant l’exclusion sociale, celle là même qui expliquait avantageusement le vote Le Pen. On avait rejeté les abstentionnistes dans les ténèbres extérieures et on s’étonnait à peine que les malheureux aient attrapés la peste dans des contrées si éloignées de la civilisation pour réapparaitre ainsi au détour d’élections qui virent entre autres battus dés le premier tour le représentant merveilleux de la gauche plurielle.

Mais voici que les temps ont changé et que l’on se soucie comme d’une guigne du taux d’abstention pourtant record, sans précédent (ce qu’adorait, qu’adore toujours la postmodernité !) à des élections européennes. Sans aucune proportion gardée, le nouveau traitement de l’information politique ressemble furieusement aux reportages et pseudo analyses des magazines féminins sur les conduites sexuelles et les nouvelles mœurs de nos contemporains. On se fiche totalement dans ses récits aussi abusifs que grotesques, maniant la mauvaise foi la plus abusive, le déni le plus pervers et l’aveuglement le plus caricatural, de la réalité. Tous les hommes, et encore plus, si tant est que ce soit possible, toutes les femmes, sont profondément bisexuels, partouzeurs et échangistes, infidèles et libérés. C’est exactement comme pour les élections européennes, tous les français ayant comme chacun sait votés Nicolas Sarkozy ou Daniel Cohn Bendit !

Foin des 60 % d’abstention ! Ces derniers, absents, n’ont plus tort ! Oh que Non ! Ils n’existent plus ! Voici enfin réalisé, le fameux Disneyland social et politique que nous appelions de nos vœux, sponsorisé par la française des jeux ! 100 % des gagnants ont joué au moins une fois, eh oui ! Tous gagnant, les présents, voila le message subliminal que le système fit passé et fera plus encore passer dans l’avenir. Fini, le négatif, le mal qui consiste toujours à s’opposer, à rejeter, à refuser. Tous les petits révoltés seront tolérés du moment qu’ils participent aux jeux ! Ce sera en effet « changer d’Europe », « pour une autre Europe ! ». Lorsque le système a digéré son opposé, qu’il est à lui-même sa propre opposition, que signifie une tiers alternative. Nous le savons tous, il n’existe pas d’autre de l’autre ! L’Autre, c’est la femme, libérée, infidèle, fondamentalement bisexuelle ! L’autre, c’est l’autre Europe, bien évidemment… Changez l’Europe et rien d’autres !

Que vaut elle alors, ou est elle cette majorité silencieuse, cette majorité sans visage, cette majorité chimérique ? Dans les limbes ! Comme les enfants non baptisés mourants avant le baptême selon l’église catholique. Mise à l’index des médias, aussi, bien évidemment !

Etrange dérive des continents, qui voit s’éloigner tous les jours plus surement le pays réel et une petite minorité qui détient tous les pouvoirs, endogames et sectaires. Avec la disparition du symbolique, le règne tout triomphant de l’imaginaire, c’est la réalité, épave dérivante, qui est perdu de vue par l’élite gouvernante. Portée disparue !

Attention tout de même… Pour quelques théologiens reconnus et au moins un psychanalyste, il existerait bien un Autre de l’Autre, Dieu, en fait… « Nulla potestas nisi a Deo », tonnait Augustin, Par le peuple, ajoutait Thomas d’Aquin, « Pas de pouvoirs qui ne viennent de Dieu, par le peuple ! ». De là, le tyrannicide, l’obligation morale faite à chaque citoyen de résister à l’abus de pouvoir, au déni de démocratie !


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