Le lendemain, démenti de Nicolas Sarkozy, qui précise qu’il n’a jamais été question d’envisager un plan de sauvegarde de ce type. A ce moment, notre Président fait des pieds et des mains pour réunir le rassurant « G4 » à Paris. Notez que ce n’est pas le premier ministre qui désavoue sa ministre mais le Président de la République ! Ou comment la cafouille générale se trouve réglée par la gestion présidentialiste et anti-constitutionnelle d’un non-évènement !!
La semaine se poursuit par des « solutions-boucliers franco-françaises » comme le rachat par l’Etat de 30 000 logements invendables avec les deniers publics, ou l’utilisation des encours de livrets pour financer l’aide aux PME.
Et se termine par la fameuse réunion du « club des 7 » à Paris (les « quatres zamis » plus les Barroso, Juncker et Trichet). Belle entreprise de communication destinée à nous rassurer. Et là, comme par enchantement tout le monde est d’accord ! En fait traduisez par « personne n’est d’accord » puisqu’aucune ébauche de solution commune n’est envisageable. De l’aveu même de notre Président qui précise que : chaque pays appliquera ses propres solutions face à la crise financière, MAIS en agissant dans la concertation !!! A inscrire dans les annales mesdames, messieurs. Monumental, hallucinant. Ils ne savent pas quoi faire, inventent rapidement entre deux réunions les solutions qui sauvent, annoncent des mesures aussi lapidaires qu’inadmissibles sans en avoir vraisemblablement discuté avec leurs homologues européens. Et quand ces derniers refusent de suivre, ils sortent le lapin blanc du chapeau : « Eh bah voilà, tout le monde il est d’accord… ». Comme le dit Nicolas Sarkozy : « Tout ce que Mme Merckel a dit (en allemand), vous le traduisez, c’est exactement ce que je pense ». Merveilleux, jouissif, libératoire, dantesque. Et après ça il faudrait croire qu’on nous prend pas pour des jambons de Bayonne… Essayons un instant d’imaginer la fameuse solution nationale prise en concertation avec les petits copains Européens.
Mais où veux tu en venir Nico, il est deux heures du mat’ et tu sais bien qu’il me faut mes huit heures de sommeil pour être au top…
Oui bah je fais vite. L’idée c’est qu’on rachète tout ce gourbis pour faire d’une pierre deux coups. On évite à la filière du bâtiment de se prendre une gamelle et en même temps on dit que ces logements c’est pour les « cassoc. » enfin pour les défavorisés.
J’y comprends rien à ton truc, tu viens de me dire qu’ils étaient nazes tes logements…
Oui mais ça ils sont pas sensés le savoir…
Bon Nico tu veux en venir où ? !
Bah je voudrais savoir ce que tu en penses … de notre plan.
Qu’est ce que tu veux que j’en pense … c’est « dead » ton plan.
C’est quoi ?
C’est « dead », c’est de l’Anglais, bon c’est naze… c’est l ’équipe à Henri qui t’as pondu ça ? Fais gaffe mon petit Nico, je t’ai prévenu, avec ce guss tu risques le pire. Et puis pourquoi tu me demandes ce que j’en pense ? J’en ai rien à foutre de tes futurs hlm dégoulinants d’humidité et payés sur le dos des français. Fais ce que tu veux mon ami.
Bon bah excuses pour le dérangement et merci pour la concertation. Allez je te laisse faut que je concerte avec les Rosbifs et Romains.
Avec ce monument télévisuel j’allais presque oublier la « bourde d’Henri », prestement passée sous silence (sincère remerciement aux journalistes qui en ont fait l’écho). En cours de semaine, notre bon Monsieur Guaino aurait précisé qu’un assouplissement des règles économiques communautaires semblait logique au vu de la conjoncture !! Levée de bouclier, y compris au sein de la Bastide UMP ! Bah voyons, on édicte des critères économiques bien stricts et contraigants, étouffants même, on construit l’Europe contre la volonté des peuples, et puis quand ça nous chante on bricole, on assouplit, on s’arrange. Bref on cuisine quoi ! Cela dénote le sérieux et la loyauté avec lesquels nos élites traitent des problèmes… si aujourd’hui beaucoup de français souhaiteraient changer de Président, il y en a un qui ferait bien de changer de conseiller.
Quand au summum de l’hypocrisie cette semaine… Dexia, faillite évitée de justesse, départ du patron, et prime de départ de 3,7 millions d’euro. Notez au préalable que je ne remets pas en cause le principe des primes de départ accordées aux grands patrons, à condition que ces dernières ne passent pas de substancielles à indécentes… ce qui est bien sûr le cas. C’est ennuyeux une pareille nouvelle, ça tombe mal quand même. Sans cette foutue crise, l’opinion n’aurait pas été aussi vigilante et désespérément exaspérée en apprenant le montant du gros matelas plein de pognon… tout serait passé à l’as… Que faire ? Que faire ? Moraliser ! Moraliser la partie visible de l’indécent capitalisme dont les excès nous conduisent aujourd’hui à la crise. Faire croire qu’il faut finalement un minimum d’éthique dans cette joyeuse curée qu’est devenue l’économie mondiale. Le gouvernement légifèrera donc sur les parachutes dorés. Ouf nous voilà rassurés. Notons tout de même qu’aujourd’hui le MEDEF parlait d’abolir les parachutes pour les « patrons perdants » uniquement, ceux qui quittent le navire avant femmes et enfants, après l’avoir drossé sur les récifs de l’économie concurrentielle… On ne parle déjà plus des « patrons gagants » qui continueraient à toucher le pactole avant même que les ouvriers sacrifiés ne touchent leurs indemnités ASSEDIC.
Allez j’en oublie certainement mais il est tard…
Comment ?! Je vous sape le moral ? Mais non au contraire je vous regonfle !
Amis français bonsoir, demain je reprends la pompe !!!

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