Rassemblement pour la France - RPF
Appel à la vigilange et

La mort organisée des paysans français par G. Henseval

Ou quand la PAC conduit nos paysans au chômage ou au suicide.

dimanche 28 juin 2009 par Guillaume Henseval (Trésorier)



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J’ai bien l’impression que tout le monde s’en moque. Et pourtant… Doit-on rappeler que si nous sommes aujourd’hui majoritairement citadins, la France comptait encore 90% de paysans au début du 19éme sciècle, autrement dit hier. Le français est bien un petit-fils, ou arrière petit-fils de paysan. Remarquez qu’il n’aime pas qu’on lui rappelle. Comme si ce devait être péjoratif. Allez comprendre, nous aurions pourtant matière à en être fier… Les américains n’ont-ils pas réintroduit récemment dans l’élevage équin, des étalons Percherons, reconnus chez eux, comme les meilleurs chevaux de trait au monde ? Ne parlons pas du vin, incontournable référence à la France dans le monde. Grâce à qui ? A nos viticulteurs. Et les viandes ? Veau, mouton. Et les fromages ? Bref d’ancestrales expérimentations, des siècles de travail, d’essais, de croisements, la prolongation de la tradition avec aussi la modernité nécessaire à la production qualitative. Tout cela c’est le monde "paysan" qui l’a fait. Au bénéfice de tous.

Mais les "paysans", ou les "bouseux" comme je l’ai récemment entendu dire, ont mauvaise presse. On les dits "assistés" du fait du subvensionnement de leurs activités. "Oh ils ne sont pas malheureux ceux-là, ils sont leur propres patrons, ils travaillent 6 mois par an, ils changent de tracteur tous les ans" etc etc…

Oui leur activité dépend essentiellement de l’argent public. Mais on ne va pas les rendre responsables d’un système de Politique Agricole Commune accepté par nous tous… La vérité c’est que nous sommes habitués à acheter des denrées alimentaires en dessous de leur prix de production ! Parce que les rétributions publiques le permettent ! Et le producteur de lait de se faire acheter un litre 20 centimes d’euro pour un coût de production de 25 ou parfois 30 centimes !?

Le prix du lait est en chute libre. Vous l’achetez moins cher à la superette ? Non bien sûr. Sachant que le producteur le vend moins cher, la marge bénéficiaire se retrouve encore une fois dans la poche des distributeurs. Surtout des grands distributeurs. Bénéfices colossaux. Et la viande ? Toujours au même prix alors qu’une bête se dévalorise de jour en jour. Sans barrière protectionniste, un gigot congelé de Nouvelle-Zélande coûte plus de deux fois moins cher qu’une production hexagonale… On a, jusqu’ici compensé en rétribuant de l’argent aux éleveurs. Non pas pour qu’ils s’enrichissent, mais pour qu’il puissent se verser un salaire.

Il n’y a bien que les céréaliers de la Beauce à s’en sortir. A bien s’en sortir même. L’Europe, en privilégiant les gros producteurs, les a considérablement enrichis, au détriment des petites structures pratiquant une polyculture raisonnable et profitable à l’environnement. Ils ont même le droit de spéculer directement sur les marchés financiers, alors qu’ils ont produit leurs céréales avec de l’argent public. Quelques uns ont tout le pognon, pendant que la majorité en crève…

Cette Europe qui organise le déséquilibre des richesses produites a conduit au renforcement d’une industrie agro-alimentaire florissante. En achetant matières premières agricoles à des prix dérisoires fixés par l’Etat, ils fabriquent des produits finis coûteux pour le consommateur. Souvent les biscuits sont même fabriqués avec du lait provenant d’autres pays. D’Europe centrale par exemple. Même le chocolat Suisse aux papier violet n’utiliserait plus le bon lait de ses emblématiques grasses et belles vaches helvétiques !

Cette bonne Europe ne donne plus d’argent aux "fermes". Celles qui produisaient des veaux, nourris sous la mère. Et dont la maman était nourrie des fourrages cultivés sur les terres de l’exploitation. Avec une basse-cour de poules et canards, quelques lapins, un potager, et trois cochons. Cette ferme qui conservait le bocage protecteur et pratiquait l’assolement dans une agriculture raisonnée comme disent les écolos. Les paysans n’ont pas eu besoin d’écolos diplômés pour savoir comment produire "raisonnablement" !!! Ils le faisaient déjà, avant que les industries chimiques et agro-alimentaires ne mettent leur nez dans leurs affaires, sous bénédiction politique !

Alors ceux-là. Nos vrais paysans, ils peuvent crever… Ils n’auront rien, pas un centime. L’Etat français, qui les a vendus à la PAC ne bougera pas une oreille. Par contre le guignol citadin qui monte une "ferme pédagogique", se verra remettre une fortune de subventions européennes !! On croisera d’ailleurs sur cet Erzast d’exploitation pour touristes incultes des lamas en chair et en os, et des vaches en plastique !!! Véridique, constaté de visu lors d’une sortie scolaire !

Arrêtons le massacre. 10 000 agriculteurs mettent la clef sous la porte chaque année. A ce rythme, nos petits-enfants ne sauront pas ce qu’est une ferme, un paysan, un agriculteur. Il y aura ces musées mal faits et sois disants pédagogiques pour les remplacer.

Dans les petits villages français il n’y a plus de poste. Le PMU a fermé. L’Ecole communale, avec les projets Darcos, disparaîtra au profit d’une école intercommunale lointaine et moins bonne. Les agriculteurs seront caissiers chez Interbradé ou Carrouf, ou encore chez l’épicier social Breton !! Ils seront maçons, hommes à tout faire. Ou tout simplement chômeurs longue durée. A quoi ressemblera alors notre pays. Une France qui ne serait plus la France…

Pression étatique sur la grande distribution pour arrêter ces marges indécentes. Restauration de la souveraineté politique agricole, pour fixer des prix plus élevés mais économiquement réalistes. Pour remettre des barrières douanières. Retour à un protectionnisme salutaire. Pénalisation fiscale des acteurs agro-alimentaires qui n’utilisent pas de denrées nationales, voire locales. Interdiction formelle de spéculer sur une production subventionnée. Arrêt du remembrement qui a repris en Beauce !! Ils continuent d’arracher des haies et ont la bénédiction des autorités pour recouvrir d’anciens chemins afin d’augmenter les parcelles ! Rééquilibrage des subventions pour arrêter d’engrosser les céréaliers et mieux répartir la contribution de la collectivité à la sauvegarde d’une agriculture qui nous concerne tous. Voilà des pistes. Non étayées mais à creuser.

Et rappelez-vous vos arrière grand-parents. Imaginez-vous au coin du feu (pour ceux qui savent encore ce que c’est qu’un feu, en région parisienne les enfants ont bien peur des étoiles…) avec eux. Ils vous diraient quoi ?

VIGILANCE

Elle est obligatoire la vigilance en ces temps difficiles où, par exemple, la raison d’Etat s’accorde assez bien de l’assassinat d’ingénieurs français au Pakistan en 2002. Mme Dati peut bien annoncer que « tout sera mis en œuvre pour que la vérité soit enfin obtenue »… Les familles ont bel et bien été trompées par l’Etat dans cette affaire plus que trouble.

Elle est même salutaire au constat des choix que font les rédacteurs en chef presse et TV. On ne parle pratiquement pas de l’abstention importante aux législatives Européennes quand le décès de la Pop star Michael Jackson risque de prendre un temps précieux sur des nouvelles plus inquiétantes : le refus d’Ahmadinejad d’un nouveau scrutin sous contrôle International par exemple. Et la Corée du Nord, qui ne fait plus partie des nouvelles "actuelles" ?

Nous pourrions, chaque jour que Dieu fait, marquer notre inquiétude sur des sujets gravissimes. Pas bien difficile. J’en entends déjà nous dire que "c’est inutile". Que d’autres le font mieux que nous (les journalistes). Et que paraphraser l’actualité n’est ni noble ni utile. Je rappellerais simplement que cette dernière n’appartient pas aux journalistes, dont la liberté d’expression est fortement remise en cause, mais à tout le monde. Et poursuivrai en ajoutant qu’il nous arrive de "penser" (oui je vous assure), et parfois même d’avoir des idées, déjà recensées dans d’illustres bouquins de sociologues ou économistes. Sans le savoir ! Incultes que nous sommes !! Ce qui est préférable, de loin, à la culture livresque et imbécile. Celle qui permet de faire effet dans un dîner. Celle qui exonère de "penser" puisque les références culturelles sont suffisamment bonnes et prestigieuses.

J’écris inutilement… Peut être. Cela vous ennuie que je le fasse. Que nous le fassions ? Tant mieux !

J’en viens enfin à ce qui me semble important de surveiller. L’entrée de la Turquie dans l’Europe. La campagne UMP a consisté à dire que l’affaire était réglée. Attendons de voir. Une veille sur ce sujet pourrait être instructive ! Je ne parle pas de la défense de la préférence nationale dans le cadre du Traité de Lisbonne, promise par notre Président…

J’en oublie, oui. Je n’ai pas bien lu les journaux ? Oui. J’aurais dû hiérarchiser autrement ? Oui. Mais un rappel à la vigilance n’est jamais assez !


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