Elle s’applique à tous les Etats de l’Union européenne, à la France et aux Pays-Bas comme aux autres. Et personne ne dit rien. Personne ne s’est avisé que nous sommes entrés dans l’an I de la forfaiture, que, depuis le 1er décembre 2009, l’Europe ne repose plus sur rien d’autre que le coup de force de Lisbonne, sur la négation du suffrage universel, de la volonté des peuples et de la démocratie, bref, qu’elle est positivement illégitime, inconstitutionnelle, illégale.
Personne non plus ne semble se souvenir que le Parlement européen, boudé cette même année par les urnes de tous les pays membres, ne représente plus rien. S’il existait pour le suffrage universel une clause de quorum, comme dans la plus modeste assemblée de copropriété ou dans la moindre association, il n’y aurait plus de Parlement européen, aucun de ses prétendus députés ne pourrait siéger.
Et l’euro ! Nous protège-t-il de la crise financière, de la montée du chômage, des délocalisations, autrement dit de la désindustrialisation, du chômage, de la misère, des suicides en entreprise ? Préserve-t-il notre pouvoir d’achat ? Au contraire. Qui ose le proclamer ?
Tout donne raison aux souverainistes, les référendums, les sondages, les faits. Tout, sauf les élections, sauf la presse.
Colère à voir ronronner en pure perte, de forums en universités, de tribunes en conciliabules, tous les souverainistes de bonne volonté et d’exceptionnelle valeur que nous avions rassemblés en un formidable faisceau pour des actions autrement plus concrètes, autrement plus vigoureuses, autrement plus efficaces. Depuis que d’autres ont voulu prendre la place de notre belle et bonne Alliance, et que nous la leur avons laissée, le navire continue à voguer sur son erre, en perdant peu à peu de sa vitesse, sans adapter sa route, ni se fixer un nouveau cap.
Aussi vivons-nous ce paradoxe d’un peuple souverainiste gouverné par des élites européistes et mondialistes, d’un souverainisme qui se meurt quand l’européisme agonise et que la mondialisation implose, qui se meurt non pas faute de chefs – il y en a trop – ni faute d’électeurs – nous sommes majoritaires – ni faute de militants – il sont là, ils attendent – mais, qu’on me permette de le dire, faute d’avoir encore aujourd’hui comme nous en avions hier, une stratégie. Une stratégie, c’est-à-dire un chemin tracé vers le but désigné.
Peu de choses en somme, mais sans quoi jamais nous ne parviendrons, quoiqu’il soit bien branlant, à faire chuter le mur de l’Europe.
| Francis Choisel , Président-fondateur de l’Alliance pour la Souveraineté de la France. |

Version imprimable

