Rassemblement pour la France - RPF
l’Europe ne repose plus sur rien d’autre que le coup de force de Lisbonne

Le mur de l’Europe, hélas, est toujours debout par Francis Choisel

sur la négation du suffrage universel, de la volonté des peuples et de la démocratie

vendredi 15 janvier 2010 par Administrateur (Webmestre)



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Voilà. C’est fait. La Constitution européenne que les peuples français et hollandais ont rejetée, dont les présidents tchèque et polonais légitimement élus ne voulaient pas, sur laquelle tant d’autres peuples aspiraient à être consultés pour pouvoir lui dire non, à commencer par les Anglais, cette pseudo constitution élaborée par une « convention » d’idéologues soigneusement sélectionnés, portée par Giscard, réécrite par les eurocrates sous forme de traité et claironnée par Sarkozy comme sa chose, est entrée en vigueur.

Elle s’applique à tous les Etats de l’Union européenne, à la France et aux Pays-Bas comme aux autres. Et personne ne dit rien. Personne ne s’est avisé que nous sommes entrés dans l’an I de la forfaiture, que, depuis le 1er décembre 2009, l’Europe ne repose plus sur rien d’autre que le coup de force de Lisbonne, sur la négation du suffrage universel, de la volonté des peuples et de la démocratie, bref, qu’elle est positivement illégitime, inconstitutionnelle, illégale.

Personne non plus ne semble se souvenir que le Parlement européen, boudé cette même année par les urnes de tous les pays membres, ne représente plus rien. S’il existait pour le suffrage universel une clause de quorum, comme dans la plus modeste assemblée de copropriété ou dans la moindre association, il n’y aurait plus de Parlement européen, aucun de ses prétendus députés ne pourrait siéger.

Et l’euro ! Nous protège-t-il de la crise financière, de la montée du chômage, des délocalisations, autrement dit de la désindustrialisation, du chômage, de la misère, des suicides en entreprise ? Préserve-t-il notre pouvoir d’achat ? Au contraire. Qui ose le proclamer ?

***

Tout donne raison aux souverainistes, les référendums, les sondages, les faits. Tout, sauf les élections, sauf la presse.

Pour ceux qui, avec moi, avec Bernard Chalumeau, Jacques Dauer et Bernard Montrichard ont relancé en 1997 le combat pour l’indépendance et imposé le mot et l’idée souverainistes, il y a là de quoi nourrir une grande satisfaction et une grande colère. Satisfaction parce que le combat des idées est gagné dans l’opinion et dans les urnes, définitivement, et parce que l’actualité, donc déjà l’Histoire, montre plus encore que nous le pensions, la justesse de nos analyses. Mais aussi colère parce que la bataille du pouvoir, à Paris comme à Bruxelles, ne cesse, à chaque élection, d’être perdue, malgré les Villiers, Pasqua, Le Pen, Chevènement et autres Dupont-Aignan, et que nos victoires restent ainsi dans les nimbes, sans prise sur le réel.

Colère à voir ronronner en pure perte, de forums en universités, de tribunes en conciliabules, tous les souverainistes de bonne volonté et d’exceptionnelle valeur que nous avions rassemblés en un formidable faisceau pour des actions autrement plus concrètes, autrement plus vigoureuses, autrement plus efficaces. Depuis que d’autres ont voulu prendre la place de notre belle et bonne Alliance, et que nous la leur avons laissée, le navire continue à voguer sur son erre, en perdant peu à peu de sa vitesse, sans adapter sa route, ni se fixer un nouveau cap.

Aussi vivons-nous ce paradoxe d’un peuple souverainiste gouverné par des élites européistes et mondialistes, d’un souverainisme qui se meurt quand l’européisme agonise et que la mondialisation implose, qui se meurt non pas faute de chefs – il y en a trop – ni faute d’électeurs – nous sommes majoritaires – ni faute de militants – il sont là, ils attendent – mais, qu’on me permette de le dire, faute d’avoir encore aujourd’hui comme nous en avions hier, une stratégie. Une stratégie, c’est-à-dire un chemin tracé vers le but désigné.

Peu de choses en somme, mais sans quoi jamais nous ne parviendrons, quoiqu’il soit bien branlant, à faire chuter le mur de l’Europe.

Francis Choisel , Président-fondateur de l’Alliance pour la Souveraineté de la France.

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