Rassemblement pour la France - RPF
Du port de "la Burqua" à "l’outrage aux bonnes meufs"

Les métamorphoses de l’angélisme

Mais qu’est ce au fond que cette laïcité dont on nous rabat tant les oreilles ?

jeudi 25 juin 2009 par Miguel Toqueras



Version imprimable de cet article Version imprimable





À les lire, à les entendre, leurs sacro-saintes valeurs seraient sorties tout armées du cerveau d’un pur esprit comme Pallas Athéna du crâne de son père ! « Je n’ai pas eu de mère pour me donner la vie », crient en cœur la déesse aux yeux pers, [1] la laïcité triomphante, la République en arme ! Et si celle que les Romains associèrent à Minerve reste toujours vierge, ils sont de plus en plus nombreux, les nostalgiques d’une République immaculée, les laudateurs d’une laïcité sans tache !

Imaginez qu’aujourd’hui on décide de prendre comme modèle pour Marianne l’actrice Brigitte Bardot, c’est sur qu’on entendrait les cris des vierges effarouchées demander, mélangeant tout au passage, qu’on cesse d’insulter la mémoire de la République, que l’on s’inspire plutôt de la pucelle d’Orléans, si d’une source d’inspiration l’on a vraiment besoin.

On en verrait alors bien un pour tenter de refourguer son dernier livre sur la petite Lorraine inspirée, un autre exhiber sa République debout sous les traits de la terrifique dame en blanc, un troisième, dire que Marianne avec une frange, ça l’énerve ! !

BB en Marianne ! Et pourquoi pas une chatte sur un toit brûlant, pendant qu’on y est ? Autres temps, autres mœurs ? Le notre est au puritanisme, ou même la froide beauté de Catherine Deneuve est soumise à examen ! Il faut pourtant une bonne dose d’angélisme pour ne pas admettre que dans la nuit du pouvoir, tous les chats et toutes les chattes sont bien évidemment…gris ! Que ne faut-il leur bien assener Bertrand de Jouvenel et sa vision du pouvoir désenchanté pour calmer leurs ardeurs de sacristains ! Mais si la réalité même ne suffit plus à les déniaiser, c’est qu’ils ont eux aussi déserté le territoire du réel et du symbolique pour habiter les contrées d’un imaginaire débridé.

Prenons l’exemple de la laïcité pour éclaircir et agrémenter notre propos. « Laïcité », la formule magique est prononcée. À dire trois fois ! Venant de nulle part, établissant sa domination partout, ouverte aux horizons infinis ! On se drape dans le blanc manteau d’une laïcité outragée, on s’en sert pour persécuter ses ennemis, vouer aux gémonies les conduites qui dérangent. Dernier exemple en date, l’invocation de la laïcité contre la Burqa ! Pourquoi envoyer nos jeunes militaires sous commandement de l’OTAN en Afghanistan ? Mais, « contre la Burqa ! », pensez donc, nous énonce le mari de Carla Bruni. Pour punir les talibans, qui se sont rendus coupables « d’outrage aux bonnes meufs », on sort le marteau-pilon pour écrabouiller Mollah Omar, dernière incarnation en date de Zeubi la Mouche ! Mais comme l’ennemi est partout, on déclare la guerre à la bête immonde sur les territoires de la République ! Enfin, territoire de la République…Cité HLM, ZUP, ZEP, on sort son ZIP, Zone d’indignation prioritaire ! « Contre la Burqa, tu t’indigneras sans crainte de représailles ! Le mari de la porteuse de Burqa, tu persécuteras ! ». Pour trois raisons au moins ! Ça fait tache dans le paysage, les Caspers vêtus de la tête au pied hantant les barres HLM ou les braves électeurs de nos courageux représentants n’ont jamais foutu les pieds ! Ça nuit à l’identification de criminels potentiels par des forces de l’ordre qui n’entrent plus depuis belle lurette dans ces zones de non-droit, trop occupées qu’elles soient à traquer l’automobiliste délinquant ! C’est une atteinte à la dignité de la femme, contrairement à l’image fabuleuse que renvoient les copines jet-setteuses de la première dame de France, tel que Paris Hilton ou Kim Kardaschian.

Mais qu’est-ce au fond que cette laïcité dont on nous rebat tant les oreilles ? La question a fait débat. Valeurs positives ou simple neutralité ? Rejet des religions, indifférence affectée ou égalité de traitement entre les différentes offres religieuses ? Le nœud de la problématique n’est pas tranché, la laïcité ayant probablement empruntée aux différentes formes selon les périodes de l’Histoire (le relativisme historique n’est évidemment pas du goût des idéologues sourcilleux de ladite laïcité, ils préféreront la nationaliser, l’une franco-française, l’autre anglo-saxonne), mais pour autant, les exégètes s’accordent à dire que la laïcité commande à l’État de se tenir à distance des vérités et dogmes religieux. Il n’y a alors plus qu’un pas, il est allégrement franchi par certains, pour faire adopter à la laïcité les vertus républicaines et son corpus idéologique, les droits de l’Homme dans ses différentes générations et variantes. Ainsi des droits des femmes qui doivent bien évidemment être défendus par nos valeureux laïcs ! MLF, Droit de l’Hommisme et défense de la laïcité marchent main dans la main sur les sentiers de la gloire d’une humanité enfin libérée de la superstition et rayonnant de lumière. Le combat pour la laïcité légitimant toutes les causes, il arrive même qu’au détour de la lecture d’un brûlot laïque, reconnaissable en cela qu’il inspire l’ennui le plus mortel et transpire la mauvaise foi la plus étonnante, on en vienne à tomber sur des affirmations aussi surprenantes que l’identification de l’islamisme avec le tempérament droitier ! Malheureux homme de droite chez qui sommeille un affreux musulman qui s’ignore, prompte à brimer son épouse et à égorger les impies !

C’est tout sauf un hasard si la notion de laïcité est apparue en France plutôt que n’importe ou ailleurs. Notre pays fut sans conteste le lieu par excellence de conflits religieux sans fin. Bien avant la Révocation de l’Édit de Nantes, la question cathare puis templière virent l’État se saisir des querelles religieuses, instrumentalisant l’église autant qu’il fut utilisé pour régler des contentieux d’ordres spirituels ! C’est la guerre entre les religions, les conflits de dogmes qui donnent toute sa raison d’être à la laïcité, au sens ou une religion spécifique peut être tenté d’utiliser la puissance publique pour obtenir quelques avantages indus sur son concurrent, le faire liquider par procuration ou bien dans l’idée que l’État, à un moment donné de son évolution, de sa recherche de la maîtrise et de la toute-puissance, peut être tenté d’épouser une cause religieuse au détriment d’une autre. Voilà pourquoi il est en effet nécessaire qu’apparaisse cette laïcité qui tient à distance l’État des affaires liées à la foi !

Ce dernier, pourtant, ne saurait se désintéresser totalement du spirituel, tant sa légitimité peut être mise en cause par une autorité religieuse qui lui serait hostile. Les empereurs romains, confrontés au Mithraïsme qui sévissait dans les rangs de la légion, trouvèrent leur compte à l’alliance nouée avec la secte chrétienne naissante. Plus généralement, les monothéismes, avec leurs dieux uniques, jaloux et lointains correspondent au mieux à un État qui cherche lui aussi à obtenir la soumission absolue de ses sujets. Ce n’est qu’une fois son autorité bien assise, confortée, qu’il deviendra nécessaire pour lui de distinguer temporel et spirituel, se séparant ainsi de ce compagnon devenu gênant, mais qui l’accompagna pourtant sur les chemins de l’absolutisme. La laïcité, instrument qui aurait pu limiter l’emprise du pouvoir, devient une arme entre ses mains pour se débarrasser d’un allié devenu un obstacle à son triomphe ultime. Ce sera la laïcité au sens moderne du terme, la séparation de l’Église et de l’État, l’émergence d’une République toute puissante.

Le troisième temps de la laïcité, que nous vivons à l’heure actuelle, voit cette valeur se retourner contre un État jugé tout à la fois trop laxiste et profondément retord. C’est la laïcité identitaire. Elle a besoin, pour se fonder, de trouver quelques adversaires à sa taille. Ainsi vont les groupes de pressions qu’ils se font la courte échelle. L’Islam devient dès lors l’ennemi tout désigné. Cette religion, relativement jeune, assoiffée de reconnaissance, portant ses revendications sur la place publique, met à mal les institutions de la République, déjà fragilisée dans ses représentations et son identité, par une société dans laquelle elle ne se reconnaît plus. L’école est au cœur du conflit naissant. Les affaires du voile en attestent.

Après avoir longtemps cherché à n’aborder le problème que sous l’angle socio-économique de l’Éducation prioritaire, nombreux sont ceux qui jugent que le conflit doit se déplacer sur le terrain de la laïcité bafouée et de la querelle religieuse. Si le politiquement correct avait trouvé dans le film multi césarisé « Entre les murs », des raisons de ne surtout pas aborder la question de l’Islam, le succès de « La journée de la jupe », en évoquant un certain nombre de problèmes liés à la religion, démontre que le débat est bien loin d’être clos. Pour la corporation enseignante, c’est beaucoup de son mal-être qui est mis sur la table dans cette dernière œuvre cinématographique et plus généralement et par identification, c’est un certain nombre de Français qui trouvent des raisons de s’identifier avec Isabelle Adjani, femme au bord de la crise de nerfs, hystérique et terrifiante, double opposé de Goebbels, pointant un revolver pour imposer une certaine idée de la culture et de la littérature académique. L’Histoire charrie un certain nombre de vérités indéniables, de la lâcheté de l’institution et de la hiérarchie à la problématique d’intégration de publics produits de la désintégration sociale. Vient ensuite la fiction, que certain ont tôt fait de prendre pour réalité indépassable, viol d’une adolescente, par des camarades de classe, qui outre leurs actes criminels, présentent la double caractéristique d’être de la gente masculine et peut être bien un peu musulman sur les bords ! Divine surprise, vous avouerez, pour celles et ceux qui non content de chercher à rallumer la guerre des religions aimeraient y ajouter la guerre des sexes ! Ils puisent dans ses conflits leur raison d’être et captent ainsi un public ciblé qui leur assurera ensuite un fond de commerce ! Reste à revendiquer enfin une reconnaissance institutionnelle, ce sera une journée sur le calendrier, au même titre que la gay pride ou de la fête des voisins, « la journée de la jupe », journée ou jeunes beurettes et pétroleuses sur le retour, en parfaite communion, damneront le pion aux machos et autres gynophobes, barbus et vieux cons !

Ce que la laïcité perd dans cette version identitaire, tout le monde l’aura compris, c’est sa portée universelle, comme la Nation, la République, entre les mains de politiciens prébendiers et à la recherche d’une rente de situation. Il existe d’ailleurs des passerelles entre ces différentes revendications identitaires, les dernières élections européennes l’ayant laissé entrevoir !

Qu’on se le dise, le gaullisme, c’est pour les gaullistes, la République, pour les républicains, et la laïcité, pour les profs ! Comme l’Islam, pour les barbus, et les asticots, pour les pêcheurs à la ligne ! Néo corporatisme et revendications identitaires vont ensemble à la grande foire de la reconnaissance ! Ainsi est perçue la République moderne, dispensatrice d’honneur hier, de signes distinctifs aujourd’hui ! Et fini la monnaie de singe, une valeur revendiquée, ça doit pouvoir banquer illico ! Points de NBI supplémentaires pour nos héroïques enseignants, mosquée financée par l’État pour les malheureux musulmans, victime hier de la colonisation et de l’esclavage !

Bien évidemment, ce qui fonde, appuie une revendication identitaire, c’est le statut de victime. La femme victime du viol, l’islamiste subissant le racisme ambiant et le gay pointé du doigt par l’homophobie ! Enfin, passe à la trappe, dans ce nouveau schéma politique, cette nouvelle géographie sociale, le Peuple ! Vous allez me dire qu’il a réduit au lavage et vous n’aurez sûrement pas tort ! Qu’est-ce qu’un peuple sans femmes, sans gays, sans gens de couleurs, sans jeune, sans adepte de la foi victimisé, sans prof ? Un homme de 40 ans, blancs, même pas baptisés, ouvrier qualifié chez Dunlopillo, qui a repris la cigarette il y a trois mois, car trop stressé, marié avec deux enfants à charge, roulant en Peugeot essence ! Probablement raciste, misogyne, anti jeune, homophobe, parasite et dont les enfants, par sa faute exclusive, sont en échec scolaire, sans parler de sa femme, sûrement frustrée si elle n’est pas battue et qui a bien raison de prendre un amant et de penser à la bisexualité ! Beaucoup de victimes, mais dieu soit loué quelques coupables et bourreaux, encore, pour donner un semblant de véracité à cette monumentale escroquerie ! Mais faut-il que quelques-uns payent, pour cette armée de victimes revendicatrices ! Et attention au petit malin, homme de 40 ans, mais avec trois testicules ou 6 doigts de pied qui pourraient légitimement obtenir une petite rente ou un dégrèvement d’impôt s’il arrive à prouver avoir été, embryon, exposé à quelques rayonnements nucléaires (l’Homme de 40 ans n’a malheureusement pas le téléphone portable à incriminer !) S’il était né en Polynésie française, ce serait évidemment encore mieux…

Le Peuple passe à la trappe, mais pas toutes ses valeurs pour lequel il s’est battu, de nombreux de ces membres, fait trouer la paillasse ! Elles servent aujourd’hui, blanchies et mises au goût du jour, à des castes de rentiers, revendicateurs et ingrats, crachant copieusement sur les descendants de ce peuple justement ! Ils n’ont pas la reconnaissance du ventre, mais beaucoup d’appétits ! Et toi, pauvre con, qui n’a pas la chance d’appartenir aux nouvelles légions des anges, immaculés et asexués, prépare-toi à raquer toujours plus, à engraisser ce beau bétail, ou tu reconnaîtras peut être demain, toi, ton ex-femme, toi ton fils, qui aujourd’hui te fait un procès…

[1] pers (prononcer comme père, paire) est un adjectif (féminin perse), c’est un bleu, couleur jacinthe, donc tirant sur le bleu foncé, cependant comme ce mot a eu plusieurs sens, il vaut mieux le réserver pour un bleu avec nuances


Forum

Accueil du site | Contact | Plan du site | Espace privé | Statistiques | visites : 66672


RASSEMBLEMENT POUR LA FRANCE (RPF) - 4 rue Galvani- 75017 Paris - secretariat.rpf[@]orange.fr - Tél : 03 86 41 74 02


Directeur de la publication : Scherler Christophe - Contact : france[@r]-p-f.org

     RSS fr RSSTHEMA RSSImpertinences   ?

Creative Commons License