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On ne joue plus par N. Stoquer

La guerre des Roses

lundi 24 novembre 2008 par Nicolas Stoquer (Président)



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Au regard des résultats de l’élection du premier secrétaire du parti socialiste et au vu des commentaires qui ont accueilli les résultats, il pourrait paraître sensé de taxer Ségolène Royal de mauvaise joueuse, de trouver que Martine Aubry fait preuve d’une précipitation à s’autoproclamer vainqueur qui peut sembler fort louche aux entournures et se mettre d’accord sans trop de risques de se tromper pour admettre que les deux dames et leurs soutiens ont triché sans vergogne pour arriver à leurs fins . Et comme nos deux harpies n’ont rien voulu lâcher et qu’il n’existe pas de recours exerçant une autorité morale incontestable, de bon roi Salomon pour les départager, nous voici avec deux partis socialistes pour le prix d’un, ou pour parler autrement un parti cassé en deux.

Alors assurément les tripatouillages dans la fédération du Nord sont avérés, l’allié de Haute Normandie, Laurent Fabius, a probablement beaucoup à se faire pardonner sur ses terres, il y a dans l’auto proclamation de Madame Aubry une indéniable part de bluffe. Mais il n’est pas certain que l’on puisse parler de bourrages des urnes à Marseille, que les résultats d’outre mer soit de bien étranges divines surprises ni d’ailleurs que Madame Royal, femme obstinée et intraitable, soit une si mauvaise joueuse que cela. Non ! Car, en vérité, et c’est bien comme cela qu’il faut dire, dans la nouvelle dimension du Ségoland, il n’y a pas de place pour le jeu, donc pour la triche ou le refus inconsidéré et caractériel de perdre ! Et cela puisque dans le Ségoland, cela fait belle lurette qu’il n’y a plus rien à perdre. Dans le monde tout imaginaire de Ségolène, les bonnes fées, omniprésentes, pourvoient à la félicité perpétuelle de notre petite princesse.

Dans le Ségoland, la réalité, c’est-à-dire les contrastes et les oppositions, n’existent plus. Ce n’est pas, je gagne ou je perds, mais plutôt, je gagne et encore je gagne ! Ainsi avons-nous pu entendre une Ségolène tout à son ravissement nous expliquer sur TF 1 qu’elle avait gagné la bataille des motions, qu’elle avait encore gagné au premier tour du jeudi, qu’elle avait bien sur gagné le Vendredi et qu’elle était donc élu et quand plus de cela elle allait provoquer de nouvelles élections pour encore mieux gagner et être encore mieux élu ! Alors, non, elle n’allait pas se faire avoir par les tricheurs, les joueurs d’en face qui veulent à chaque fois changer les règles du jeu ! Vous avez compris que le jeu, le risque de perte, c’est toujours pour les autres tandis que pour elle il ne peut être question que d’un chemin parsemé de pétale de roses ! Le jeu, c’est donc l’autre ! Démenti pervers classique, paradigme principal du Ségoland, la castration, le risque de perte se trouve toujours exclu en dehors du monde merveilleux de Ségolène !

Elle plane Ségolène, elle lévite même ! Elle s’est envolée contrairement au vieux parti socialiste qui est encore sur le plancher des éléphants. Une anecdote en dit long sur cette étrangeté. On nous rapporte ainsi qu’une vive altercation aurait opposé Monsieur vaillant, responsable des votes rue de Solferino et notre fière petite lorraines dans la nuit du vendredi au samedi. Cette dernière avait enjoint à l’ancien ministre de l’intérieur de ne communiquer aucun résultat ! Fini de jouer en quelque sorte ! Et en fait, n’a-t-on jamais joué du coté de Ségolène ! Nous comprenons maintenant qu’il s’agissait en fait d’un récit tout imaginaire, une sorte de conte de fée, qui devait nécessairement aboutir à un happy end, ce qui en l’occurrence devait se traduire par l’irrésistible envol de la pucelle de Melle ! Et sa victoire définitive sur les puissances des ténèbres incarnées par les anciens caciques du PS.

Il faut dire qu’elle nous avait déjà fait le coup au soir du second tour de l’élection présidentielle ! Avant même les résultats proclamés, elle avait salué ses supporters en vainqueurs ! Puis, elle avait parlé après 20 heures avant le président élu sans jamais reconnaître la très nette victoire de ce dernier. Et enfin, on l’avait retrouvé tard dans la nuit sur une terrasse saluant encore avec ses principaux lieutenants les admirateurs. Les caméras ne s’attardèrent pas sur la foule maigrelette mais plutôt sur Ségolène qui avait pris de la hauteur pour voir « toute cette marée humaine » venue fêter la principale héroïne du Ségoland. Ainsi va Ségolène, personnage de comte de fée sur qui la défaite n’a pas prise. Nous le redisons, il n’y a plus de place pour le jeu dans le monde imaginaire de Madame Royal et c’est surement ce qu’il y a de plus effrayant. Avec le jeu, les doutes, les craintes, les dilemmes qui vont avec, c’est finalement la vie même qui est congédiée. Avec le risque de perte qu’induit le jeu, c’est l’idée de responsabilité et de liberté qui disparaît. Le monde imaginaire du Ségoland est sous l’emprise fatale du destin, de la destinée merveilleuse de la petite princesse du « Pourquoi pas moi ! ». Alors c’est elle, même contre les évidences, c’est elle parce que, finalement, pourquoi cela ne serait pas elle, hein ? Pourquoi ce ne serait pas elle qui aurait 42 voix d’avance sur sa méchante rivale ? Pourquoi ce ne serait pas elle l’élue, au secrétariat générale du PS aujourd’hui, à la présidence de la République demain. Pourquoi ce ne serait pas elle puisque ce n’est pas, ce ne saurait être un jeu avec le hasard et l’ironie du réel qui va avec.

Il n’y a pas de hasard dans le Ségoland, mais des procès, oui ! Il n’y a même plus que cela ! Et Emmanuel Valls de dégainer, lui aussi, pour le compte de la dame, son « porter plainte ! » ; On porte plainte contre la réalité, contre le sort qui ne nous a pas été favorable ! Assez joué ! Assez d’ironie ! Un peu de sérieux pour retrouver le sourire sans rire de Ségolène ! Le sourire des taxidermistes, des légistes quand il dissèque le cadavre !

La Guerre des RosesProcès en faux ! Fausse écriture ! Fausse réalité ! Lorsqu’un faux vient remplacer l’info qui va nous répétant tous les jours que 1 +1=3 ! 29 % = 50 % et plus ! Ségolène déjà victorieuse avant le vote ! Odieuse réalité, fausse réalité qui vient contredire la bonne info sur Ségolène triomphante ! Eh ! Quoi ! Les médias ne l’avaient elles pas sacrée à Reims, déjà, avant même le sacre des militants ! N’était elle pas la vainqueur incontestable des médias ! Alors pourquoi donc une réalité si discordante et à 42 voix prêt, en plus de cela ! Procès en faux, procès contre le jeu, procès contre la vie, le hasard et les aléas ! Parce que la vie ne tient toujours qu’à un fil et que le jeu nous le démontre tous les jours, alors sus au jeu, sus à la vie !

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