Fini donc, même si ce n’est que pour un temps, les eurobéats sont incorrigibles, les grandes envolées lyriques, la promesse d’un avenir radieux garantie par des États-Unis d’Europe, les éternels laudateurs de l’Europe supranationale font profil bas. Pas question pour les gouvernements de faire de la publicité pour une Europe impotente et déconsidérée. Ces élections auront pourtant bien lieu et elles donneront des résultats dont nous pouvons dès à présent prévoir les grandes lignes. Les premiers qui auraient pu et dû profiter de la situation sont assurément les souverainistes. Il y a quelques mois, ces derniers faisaient d’ailleurs peurs ! N’avaient-ils pas prévu ce qui est arrivé, n’avaient-ils pas dénoncé les dérives qui ont abouti au marasme actuel ? Oh ! Que si ! Contre l’Euro qui a amplifié la crise à l’extérieur et contribuée à l’appauvrissement du plus grand nombre dans nos sociétés, contre l’anarchie monétaire symbolisée par l’incroyable laxisme américain, contre le libre échange qui détruit nos industries et notre protection sociale, contre l’ultra libéralisme et la spéculation par qui tous les maux sont arrivés, nous défendions le retour au Franc, la régulation financière des banques centrales sous tutelles gouvernementales, des échanges commerciaux équilibrés qui ne remettent pas en cause notre développement et nos protections, le rôle de l’État comme régulateur, la Nation comme lieu du creuset identitaire.
Oui ! Mais voilà ! Les troupes souverainistes ressemblent à ses irréductibles tribus gauloises, incapables de s’entendre, toujours en guerre les unes avec les autres, sans chef en mesure d’imposer à tous un intérêt supérieur. Dit autrement, le souverainiste, maitre dans sa petite paroisse ne veut pas devenir simple Bedeau dans la grande cathédrale. Le RPF s’est dépensé sans compter depuis plus d’un an pour aider, avec ses moyens, à la constitution d’une grande force souverainiste et gaulliste. UPF, CLIF, toutes les structures ont été essayées, du quasi-parti politique au simple comité informel. Nous avons espéré qu’une alliance souverainiste permette de voir réunis sous le même drapeau les responsables, qu’ensemble nous puissions partir à la bataille. Las ! Le MPF fidèle à Philippe de Villiers ira aux élections sous la bannière Libertas, si contestée par ailleurs, DLR du député Nicolas Dupont Aignan fait son petit tour de France en auto-stop et l’on ne sait trop combien de listes il pourra finalement monter (0,1…), le RIF de Paul Marie Couteaux maintient encore trois listes, mais on ne sait pas pour combien de temps encore. Remarquons à cette occasion la démarche courageuse et pleine de panache du secrétaire général du RPF, Joël Rigolat qui est toujours en lice pour constituer une liste de large union dans le Grand Est. Notre ami aura tout essayé, jusqu’au bout, pour convaincre de la nécessaire union et mener nos troupes à la victoire. Bonne chance à lui !
D’autres souverainistes ont déjà tiré un trait sur cette élection qui s’annonce si difficile pour notre camp. Ils veulent reconstituer un grand mouvement souverainiste, mais par la base. Prenant acte de l’incapacité des états major à s’unir, ils veulent passer en dessous d’eux si l’on peut dire et consacrer l’union des militants. Nous leur souhaitons bon courage !
L’UMPS pour sa part réussira plus ou moins à tirer les marrons du feu que l’UMP et le PS soient déclarés vainqueurs ou battus au soir des élections. Faute de mieux… Feront-ils à eux deux plus ou moins 50 % des suffrages exprimés déterminera l’enthousiasme plus ou moins bruyant des tenants de la pensée unique. Faites vos jeux …Cela n’a aucune importance, tout cela compte finalement pour du beurre ! L’exception française, surement…En Grande-Bretagne, les Bookmakers parient eux du vrai pognon !
Si cette élection réserve surement son lot de surprises, comme toutes les élections sans véritables enjeux, nous pouvons déjà dire que celles-ci ne viendront pas des deux troubles fêtes traditionnelles du paysage politique français, à savoir les Verts et le Front National. Depuis les années 80, nos deux outsiders font couler beaucoup d’encre les lendemains d’élection. Il semblerait que cela ne soit pas le cas cette fois-ci. L’écologisme gauchiste s’essouffle, concurrencé qu’il est par le facteur des beaux quartiers, l’extrême droite est divisée et s’enfonce dans des querelles de succession.
Et si c’était cela au final, la très bonne nouvelle de ses élections. La fin de la folklorisation du paysage politique français ! Le possible retour a une écologie authentique dont notre monde à tant besoin, débarrassée des trotskistes, combinards et autres infiltrés du parti de l’étranger, et la fin de la sanctuarisation de la droite nationale, à un détail prêt… Alors redeviendrait possible le jeu des alliances dont le camp souverainiste et gaulliste a absolument besoin. Si débâcle il doit y avoir à ces élections, que les leçons nous soient au moins profitables ! Nous sommes, nous gaullistes authentiques, minoritaires dans le pays, il va falloir admettre cette évidence et faire ainsi cesser les caprices de diva de nos chefs politiques. Le face à face avec nous même tourne maintenant au pugilat et aux vieilles rengaines ! Le moment vient ou il va falloir s’ouvrir aux vents venus de l’extérieur, trouver des alliances, se renforcer de nos différences ! Et si finalement l’avenir n’était pas si noir…

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