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Auto-censure : La forme la plus orwelienne de censure

Rachida Dati est-elle la fille cachée de Bokassa I ? par N. Stoquer

Qui a offert cette bague a Dati ? Le père de son enfant ?

mercredi 26 novembre 2008 par Nicolas Stoquer (Président)



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Lorsque le « canard enchainé » sortit, il y a 30 ans, l’affaire des diamants de Bokassa, nous étions clairement dans le cadre d’une presse d’investigation qui tentait de faire son travail d’information et d’alerte de l’opinion publique. Certes, le « canard » eut bien du mal à rééditer pareille prouesse lorsqu’il s’est agit de sortir des affaires contre un pouvoir socialiste dont, selon ses détracteurs, il était à la solde. Certes encore, certains documents sur lesquels il s’appuya à l’époque sont aujourd’hui considéré comme des faux assez grossiers. Mais enfin, et ce malgré la faiblesse congénitale d’une presse d’opinion bien peu à l’aise dans l’investigation, « l’affaire des diamants », comme il est coutume de dire, marqua un moment important de la démocratie française. Il existait une presse indépendante du pouvoir politique qui n’hésitait pas à le défier à l’occasion. Cela renseignait aussi sur la nature démocratique du régime en place. La liberté de la presse est en effet un moyen assez infaillible de distinguer régime démocratique et régime despotique.

30 ans après, une affaire de diamant en chasse une autre, qui renseigne sur l’évolution indéniable de notre régime politique. Cette nouvelle affaire fit beaucoup moins de bruit que la précédente et pour cause puisqu’elle nous indique le basculement actuel de notre société politique en dehors du cercle des démocraties authentiques. Le nouveau système qui apparaît emprunte tout à la fois au vieux despotisme mais aussi et c’est encore plus inquiétant à des formes d’autocensures d’essence totalitaire. Ah ! Certes ! Lorsque ce Monsieur Sarkozy obtient la tête du rédacteur en chef de Paris Match ou encore celle du présentateur vedette de TF1, ou bien lorsqu’il copine outrageusement avec des grands patrons à la tête d’un empire des médias, ou enfin veut choisir sans garde fous les dirigeants des chaines publiques, quitte à légiférer pour cela, nous nous trouvons dans le vieux cas d’école du despotisme traditionnel plus ou moins désinhibé selon les commentateurs et leurs opinions personnelles.

Mais…Lorsque nous apprenons qu’un journal, un des premiers quotidiens nationaux, n’hésitent plus à retoucher la photo d’une favorite très en vue à l’Elysée, alors nous sommes en droit de penser que nous basculons vers une forme évidente de totalitarisme. Et il faut entendre les complaintes du journal pris en faute ! « Ah ! Non ! Nous n’avons pas voulu complaire au maître du pouvoir politique ! Nous l’avons fait de notre propre volonté ! » . Un peu quand même à l’insu de son plein gré puisqu’ ils promirent de ne pas recommencer mais guère plus…

Un journal, l’Express, découvrit le pot aux roses et décida de débiner son petit camarade, « Le Figaro », pris dans un excès de zèle envers le pouvoir en place ! Ceci n’était évidemment qu’une bulle médiatique, une publicité comparative que ce payait l’Express au détriment du Figaro, personne ne pouvant raisonnablement croire que l’hebdomadaire avait réellement des leçons à donner à qui que ce soit en matière d’indépendance, comme par exemple son éditorialiste, Monsieur Barbier, connu dans le tout Paris comme un intime de la divine Carlita, seconde ( ou deuxième, c’est selon, chacun peut prendre les paris !) première dame de France. Ce dernier, qui n’a d’insolence que celle des courtisans, ne vit dans cette affaire qu’une manière de se faire valoir et de donner l’illusion d’une presse non officielle !

Ainsi, nos tartuffes du Figaro crurent utile, car son maintien aurait bien évidemment nuit à l’information, de retirer, de gommer, d’effacer de l’annulaire gauche de madame Dati un superbe bijou du joaillier Chaumet, or gris sur carreau de diamant, du plus bel effet, estimé au bas mot à la somme rondelette de 15 000 Euros. Cette pièce, fort coquette au demeurant et qui n’aurait nullement nuit à la prise, avait donc par enchantement disparu de la photo. Question de sérieux, cela va sans dire !

Ces méthodes, n’en doutons pas, emprunte largement à la propagande telle qu’elle sévissait dans l’Union Soviétique stalinienne ou la Chine populaire maoïste. A l’époque, une photographie officielle pouvait être retouchée pour divers prétextes ! Un mégot de cigarette entre l’index et le majeur du leader incontesté de s’envoler en fumée, c’est le cas de le dire ! Mais un opposant ou un dissident pouvait parfaitement subir un sort identique. La différence avec aujourd’hui ne tient pour sa part qu’avec le traitement dans la réalité, autant dire hors sphère médiatique, de l’objet ou du sujet indésirable ! La période que l’on pourrait identifier comme pré médiatique comme l’on parlerait de préhistorique, avait cette naïveté confondante de penser qu’il fallait appliquer dans la réalité un traitement identique à ce qui se faisait dans la propagande officielle à moins que ce ne soit l’inverse. Ainsi devait-on liquider le gêneur pour faire coller la réalité à la propagande ; Ceci n’est fort heureusement plus nécessaire aujourd’hui ! Qu’importe après tout que Madame Dati aime à escalader les marches de l’Elysée en tailleur Dior, qu’importe aussi si elle lance à la cantonade vouloir en profiter autant que possible de son passage au pouvoir ! L’essentiel est qu’au moment ou le média émet, une seule réalité, aussi lisse que voulue, apparaisse. Et comme la sphère médiatique, en implosant, a réussit à coloniser tout le réel, le tour est joué ! La coexistence avec une réalité discordante devient anecdotique et ce dans l’espace comme dans le temps, car non seulement la propagande s’acclimate aujourd’hui de canaux d’information émettant une réalité différente (les magazines « peoples » peuvent ainsi donner une information qui ne correspond pas à celle communiquer par un journal d’information plus traditionnel !) mais aussi des contradictions liées au télescopage des temps de la communication (le média moderne ne connaît que le présent !).

Ainsi et sans nécessairement forcer outrageusement le trait, on peut dire et sans risquer de sauter du coq à l’âne, que le seul disparu « véritable » dans l’affaire Dati, c’est bien le père de l’enfant qu’elle porte pourtant par ailleurs. Le simple fait qu’une auto censure s’exerce dans les médias sur le nom du géniteur démontre la volatilisation du père ! L’enfant de Dati n’a pas de père puisque les médias n’en parlent pas ou plutôt en parle pour nous dire que l’on n’en saura rien !

Après le vol des bijoux de la Castafiore et maintenant que l’on sait que le Figaro est à l’origine de la disparition du diamant de Madame Dati, la question serait bien de savoir qui à volé le père de l’enfant ! Père absent, Père manquant ! Le média se fait Arsène Lupin. Il dépose une rose comme solde de tout compte ! La rose de Ségolène qui accoucha en direct dans un journal de 13 Heures sur TF1 et son sourire comme hologramme !

NS


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