On concédera bien volontiers aux défenseurs de la langue française que leur combat est essentiel et que l’abus de l’anglois est poison mortel pour l’identité nationale. Mais c’était pourtant époque bénie des dieux de nos contrées que celle ou l’anguleuse et perfide Albion reprenait à son compte les mots et le phrasé des François ! Toast, Barbecue, mais c’est parler la France que cela ! Ils l’anglicisèrent puis nous le resservirent ! Les ruses d’une linguistique qui ne serait pas selon la volonté de Lacan qu’une « linguisterie »…
Car il existe une certaine cuistrerie qui confine à la mauvaise cuisine pour touristes de nos marmitons nationaux à bâtir des hauts murs autour de la langue nationale. Il faut l’avoir taquiné un temps soit peu la langue des ancêtres pour être avec elle à tu et à toi ! Du french flair de nos valeureux rugbymans du pays de Cocagne au raté du plan calcul, ils sont nombreux les chevaux de Troie qui auront raison de la ville lumière et de ses provinces. Les patriotes défendent la langue maternelle, c’est néanmoins très bien cela même si c’est un rien paradoxal ! Les langues ? Toutes des étrangères sauf celle de maman ! En tout patriote sommeille un matriote qui s’ignore…A la langue française, la matrie reconnaissante.
En me penchant dernièrement sur les étymologies croisées d’Union et Rassembler, je fus confronté à une de ses difficultés de la langue qui ne trouve à se résoudre que dans la recherche de ces curiosités. Qu’unir, cela fasse Un et que cela c’est le langage de l’amour plus que de la politique devrait sauter mêmes aux yeux des moins avertis d’entre nous. Que Deux cela fasse Un, on aimerait le croire même si c’est impossible bien sur, car c’est ici que l’amour rencontre la(-) mur du réel ! Au mieux, cela fera « je ne veux pas voir une tête dépasser », un club de Fan…atique ou le repère du jaloux, celui qui trouve tout à fait normal de désirer mais qui ne supporte pas que l’autre, l’objet du désir, puisse éprouver pareil sentiment ! L’autre, c’est celui qu’il faut ligoter pour isoler à défaut de se lier à lui, ce qui n’est pas du tout la même chose. Se lier à autrui ressort de l’Alliance, c’est tout à fait autrement ! C’est reconnaître l’autre comme différent mais un peu quand même comme son semblable ! Ha ! Oui ! Mais là, cela ne va plus, car semblable vient de la racine simil, assembler qui donne Rassembler ! Assembler du semblable mais qui serait un peu différent, tout de même…
La solution, j’ai fini par la trouver avec un de ses emprunts de la langue anglaise à la langue française qui nous revient aujourd’hui ! Rallye ! Qui nous vient de Rallier en français et dont le sens du mot en anglais est Rassembler ! Rallye, le mot qui permet de faire coexister ensemble le Rassemblement et l’Alliance. Voici qui pourrait se révéler bien pratique à l’avenir…
Alors ce n’est pas un…Ralliement, mais seulement un rappel, à toute fin utile ! Le Rassemblement Pour La France, selon la volonté inspirée de Robert Potier puis de Stéphane Buffetaut, tous deux anciens présidents du RPF, a depuis l’origine été un membre actif de l’Alliance Pour La Souveraineté de La France de Francis Choisel et Bernard Chalumeau. Nous revendiquons aujourd’hui autant qu’hier notre appartenance à cette structure et réaffirmons notre souhait de la voir organiser et médiatiser à l’avenir les relations entre les souverainistes ! C’est essentiel à notre lutte même si par ailleurs le gaullisme ne saurait en aucune manière se réduire au combat des souverainistes.

C’est l’âge adulte de la politique qui fait taire l’intolérance et le sectarisme, la scissiparité qui à force de se démultiplier à l’infini fait coexister dans un même président secrétaire général (la trésorière est souvent l’épouse, il faut être au moins deux pour créer une association) de groupuscule un Docteur Jekyll et un Mister Hyde. Dans les simulations de l’action, c’est souvent que l’on nous renvoi à Saint Matthieu : « Celui qui n’est pas avec moi est contre moi ! Celui ne rassemble pas avec moi disperse ! ». C’est oublier Saint Marc : « Celui qui n’est pas contre nous est avec nous ». La politique, dans sa dimension collective, se rattache exclusivement à ce dernier évangéliste. C’est comme le questionnement sur le carrefour. Souvent l’on nous presse de trancher, ce qui rappelle le chiffre 3 et se réduit pourtant à une simple alternative ! Au carrefour, l’on vient d’une voie et trois se présentent à nous, ce qui fait quatre ! Nos bons apôtres en profitent pour tenter de nous revendre leur camelote siglée « troisième voie ». Certains resteront eux toujours au carrefour, peur de leur ombre surement, du destin d’Œdipe peut être qui tua le père à l’un de ces croisements ! Les sorcières et les sorciers peuplent ses endroits. A chaque retour, à chaque boucle, on les retrouve là, inchangé, tel qu’en eux même presque sympathique et attachant de leurs mauvais coups que l’on devine à des kilomètres… Faire de la politique, c’est ne voir derrière chaque carrefour qu’un simple croisement. C’est se fier à l’Hermite [1]qui montre le chemin de sa lampe et dit au pilote du Rallye, « tout droit compagnon ! ».
[1] Neuvième Arcane majeur* du Tarot*, cette lame représente un personnage âgé, de profil et regardant dans la même direction que la Papesse*, s’éclairant d’une lanterne. L’Hermite évoque un vieux sage retiré du monde, continuant sa quête de la Connaissance ; s’en dégageant des impressions d’isolement, de spiritualité, d’intériorisation. Ce personnage de l’Hermite offre un visage serein, à la chevelure chair* qui nous indique que son enseignement est humain. Il est vêtu d’une longue robe rouge* pratiquement recouverte d’une cape bleue*. Les couleurs nous montrent que ce personnage est extérieurement passif et son activité intérieure. Le niveau de l’action agissante est son esprit : la capuche est rouge et terminée d’un gland or. Son bras qui élève une lanterne sourde révèle une doublure intérieure jaune* : l’Hermite est un initié. Sa lampe sourde est jaune, couleur de la spiritualité, mais la lumière émise est rouge, sa spiritualité est donc agissante. L’Hermite est un exemple. Il enseigne au petit nombre qui peut l’approcher. Certains détails frappent : la main qui élève la lanterne tient son pouce à l’intérieur de la paume, celle-ci dessinant des hanches féminines ou la terre Y. Une bande blanche souligne le bras droit à l’intérieur de la cape, sa recherche de la connaissance serait guidée par une force instinctive universelle… Le bâton* est inutile, il ne touche pas le sol, l’Hermite n’a pas besoin de s’y appuyer. Ce bâton évoque le serpent* de Moïse, la Kundalini* : il nous indique alors le moyen de son action, qui est humain (couleur chair). Serait-ce la maîtrise de sa Kundalini ? Le vieil homme est le symbole de l’initié* qui progresse grâce à ses études et l’emploi de moyens naturels. La graphie du chiffre neuf*, placé au-dessus de la lame, nous confirme ce cheminement positif et à la graphie classique du chiffre romain IX, a été substituée une graphie propre au Tarot : VIIII. Symboliquement, le Tarot nous enseigne ainsi que toute progression se fait par additions successives : (VIIII = 5 + 4) et non par retranchement (IX = 10 – 1). Cette particularité se retrouve d’ailleurs sur les lames IIII (l’Empereur*), XIIII (la Tempérance*), et XVIIII (le Soleil*). Traditionnellement, on associe à l’Hermite la neuvième Séphirah* de la Kabbale* Yesod, le Fondement, et la lettre hébraïque* Teth. Cette lame est à rapprocher de celle du Mat* : tous deux portent un bâton mais vont dans un sens éclaire son chemin tandis que l’autre cherche… Lors du tirage, cette lame incarne celui qui sait son chemin, la voie qui lui convient, la personne âgée. La lame inversée est signe de solitude.