On s’en doutait depuis un moment qu’il y avait des grands-mères un peu spécial, depuis au moins Léonard de Vinci et son fameux tableau de présentation de l’enfant Jésus à Anne, une Anne qui zappe littéralement Marie, toute mère de dieu qu’elle fut !
C’est ce que semble aussi nous suggérer Sébastien Watel dans sa dernière production à destination de l’Education Nationale « Un court-métrage d’animation poétique destiné à servir d’outil pédagogique pour aborder les relations amoureuses entre personnes du même sexe à l’intention des enfants de CM1-CM2 ». Agathe est une vieille chatte, une chatte lune ?, totalement rétrograde, complètement archaïque, peut être bien un peu moisie sur les bords… Surement qu’elle croit encore au Prince Charmant, la vieille ! Telle Proserpine, elle va faire une descente aux enfers saphiques et à force de tourner, devoir admettre que c’était avec le Prince des ténèbres qu’elle avait rencart ! Cendrillon se décline en « cul cendrons », après la flamme, les cendres, après le carrosse, le Pot (-) iron ! Vieille bique, mais finalement bonne pâte, elle finira par voir d’un bon œil les amours entre les deux poissons-garçon, Félix et Léon, dont l’un n’est qu’un lointain cousin du héros de la bande dessinée américaine et l’autre peut être bien celui qui a fini par en avoir marre qu’une mégère infoutu de lui faire à bouffer lui serine à longueur de journée en lui courant après qu’elle avait les mêmes à la maison… Quittant le monde des illusions, des reflets, de la caverne, elle verra la face cachée de la lune et connaitra enfin l’amour…Fin de l’Histoire !
L’œuvre, pédagogique et éducative, cherche à lutter contre l’homophobie, à promouvoir la différence et le respect de l’autre ! Elle n’en est pas moins fort poétique, ce qui est une belle constante de nos merveilleuses œuvres modernes ! Fini l’artiste maudit, l’ouvrage sulfureux qui fait scandale, le créateur vrai est aujourd’hui passé avec armes idéologiques et bagages bourré d’explosifs dans le camp de l’Empire du Bien ! Le purificateur éthique traque avec son laser blanc nos petites phobies et nos vilains réflexes. Sébastien Watel, comme hier Bernard Gui à Toulouse, veille sur nos âmes et sonde nos cœurs !
Ce que notre société a de plus rétrograde et d’archaïque s’étrangle bien évidemment de colère devant l’outrage fait à nos chères petites têtes blondes ! L’indignation est à son comble ! « Sodomite », Prosélyte », les noms d’oiseau fusent, on relit la bible, Sodome, on agite la vengeance de Yahvé ! La dénatalité nous guette, la décadence est avérée !
Dans le camp adverse, on explique benoitement que dans la nature cela se fait sans problème, qu’honni soit qui mal y pense et que le nouveau petit Pierrot lunaire, si pure, si diaphane, si transparent, advient comme ultime sujet post historique et que c’est très bien ainsi !
La civilisation occidentale, aujourd’hui à bout de souffle, Grecque ou Judéo-chrétienne, entretient un rapport paradoxal à l’Homosexualité ! Elle a toujours cherché à le dépasser dans le mythe de la virginité, de Diane à Marie ! Toutes des salopes même Grand-mère, mon lapin !

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