Rassemblement pour la France - RPF
Les vessies et les lanternes de l’ère Sarkozy

" Touches moi pas à ma France " par N. Stoquer et G. Henseval

Du régime semi-présidentiel de la Vème au présidentialisme à la française ?

lundi 31 mars 2008 par Administrateur (Webmestre)



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L’épisode du Salon de l’Agriculture est sur toutes les lèvres. Vos proches en parlent, inéluctablement. Les journalistes en ont fait l’écho puis … n’en ont plus parlé. Toujours est-il que c’est toujours brûlant, c’est d’actualité.

Nous pourrions ignorer ce triste évènement et le laisser comme on laisse la médiocrité aux médiocres, pour mourir seul, loin de nous.

Sauf qu’au-delà du témoignage médiatique de l’altercation d’un Président de la République avec un citoyen, il y a la révélation brutale d’une incompétence notoirement dangereuse, d’une incapacité fondamentale à « com-prendre » le rôle d’un Président de la République, le rôle du Président des Français. Plus encore, il y a l’aveu de ne savoir ce qu’est le Peuple Français. Celui là même qui, par l’entremise d’un citoyen lambda se trouve insulté par le premier d’entre eux. Celui sensé présider à sa destinée.

En y réfléchissant, cet « incident diplomatique civil » est le moyen opportun de rappeler quelques valeurs. C’est le stimulus pour dire, ce que pour nous, signifient Peuple Français et Nation Française. C’est encore l’obligation citoyenne de remémorer ce que devrait être un Chef d’Etat.

Quand on aime son pays, on a tout d’abord un sentiment d’appartenance à une Nation. Appartenir à une Nation c’est accepter, vivre, provoquer l’adhésion à un destin national, contribuer à ne communauté de destin. Ce projet commun de « nous Français » pour la France ne peut, à notre sens, poursuivre son cheminement que par l’exercice d’une Souveraineté aujourd’hui bafouée, salie, piétinée. Un Peuple ne saurait se conduire sans se connaître. Il faut qu’il se connaisse dans ses forces, ses faiblesses, dans sa diversité, sa complexité. Dans l’acceptation d’un passé commun. D’un passé pas glorieux, glorieux mais COMMUN. Pour se projeter dans l’histoire en s’aidant du travail de mémoire il lui faut s’accepter, se connaître sous peine d’échec. Et pour défendre ses idées. Pour se défendre économiquement, socialement ou militairement, il lui faut des FRONTIERES, limites constitutives de lui-même. Ce qui n’empêche nullement d’envisager une Europe de peuples souverains concertants : alliances économiques, coopérations militaires et marchés communs ont déjà dessinés une Europe moderne efficiente que l’on voudrait nous faire croire insuffisante.

Nous abordons là une notion de projection communautaire à la fois essentielle et constitutive qui touche au devoir de chacun et de tous dans la France de demain.

En sus du territoire, que nous voyons comme condition sine qua non à la destinée commune « France », il y a l’esprit. L’esprit, celui d’imaginer ensemble le futur de notre Peuple sur des fondements inaltérables. Car la Nation n’existe aussi que de se croire éternelle.

Or aujourd’hui que nous propose-t-on ? Éminemment simple. On nous demande de quitter quelque chose de connu, viable et concret pour une idée d’Europe Fédéraliste, pour quelque chose qui n’existe pas : un machin à 27 à la construction illégitime, aux contours indéfinis, sans aucun projet commun prévu, identifié.

On nous impose la « propriété » au lieu de « l’Appartenance ». Dans « propriété » il y a l’ascendance de quelques uns sur les autres, du bureaucrate sur le citoyen, du technocrate sur le contribuable. Consécration organisée du libéralisme économique sauvage. Règne de la concentration des pouvoirs diluant la Souveraineté des Peuples. Légitimation d’une économie dirigée par les marchés financiers. Renoncement à des valeurs endémiques, à la spécificité française des Services Publics. Et tout cela pour quoi ? Pour qui ? Pour quel projet d’ensemble ? La désinflation compétitive, la politique du franc fort menée par les deux grands partis politiques au pouvoir depuis vingt-cinq ans pour remplir les conditions de la construction économique Européenne a conduit des millions de Français au CHOMAGE. Leur a-ton seulement dit pour quels desseins !?!?

On nous impose donc tout ça. C’est-à-dire ce rien, à la place de ce dont nous avons hérité, de ce que nous avons choisi : « l’Appartenance ». Dans appartenance, personne ne s’approprie personne. On s’appartient mutuellement dans une projection de vies meilleures, fondée sur des valeurs partagées. Le Peuple étant même une condition de l’égalité. L’adhésion à un peuple c’est nous. Moi c’est moi, mais c’est nous avant tout. Car « nous »c’est la France.

Et le Président de la République dans tout ça ? Ce devrait être le représentant de « nous », le garant des institutions qui règlent la vie démocratique, celui qui nous aide à nous conduire, qui maintient l’intérêt général, qui est placé par le suffrage universel direct et par son devoir de premier des Français, au dessus des guerres partisanes déstabilisatrices.

Au lieu de cela nous avons un Président, qui, verbalement attaqué par un citoyen répond et insulte. Le Salon de l’Agriculture est bien entendu public. La visite du Chef de l’Etat non moins publique, officielle. Ce n’est pas Nicolas Sarkozy qui visite en particulier le salon, mais le Président Sarkozy, entouré de caméras et de micros. Le Salon de l’Agriculture c’est une sorte d’institution coutumière : la rencontre (édulcorée, abusivement bucolique et champêtre, surfaite) de Paris avec la province, de l’homme politique avec les pragmatiques, les gens du terrain, ceux qui élèvent l’agneau français dont on dit qu’il a bon goût. La réponse du Président est donc publique et officielle, sa violence et son irrespect ne s’adressent donc pas au citoyen qui lui dit : « Touches moi pas… ». Le Président n’a pas à s’exprimer en particulier à un particulier. Il ne peut pas puisque son rôle et d’être le Président des Français. En insultant un citoyen il agresse les citoyens, les français, la France.

Et pourquoi s’être mis au niveau de son interlocuteur en désavouant sa fonction, en transgressant le code ? Mystère. On raconte qu’un citoyen, aurait dit en présence du Général De Gaulle : « Mort aux vaches ! ». La réponse du Chef de l’Etat eut le mérite d’être à la hauteur de sa fonction comme à celle de son interlocuteur. Il lui répondit : « Vaste programme ! ».

Toujours est-il que le Président Sarkozy ne respecte pas les Français. Et, bien sûr, pas uniquement parce qu’il les insulte par l’intermédiaire de l’un d’entre nous. Son présidentialisme n’a par exemple aucune légitimité. Pour qu’il en ait une il faudrait un débat public sur les institutions de la Véme, un travail de constitutionnalistes, des propositions et un référendum. En attendant, le bicéphalisme exécutif devrait exister, sans condition. Nicolas Sarkozy ou pas. C’est invraisemblable qu’un Président élu par le suffrage universel direct « Président de la Véme », commence par ne pas respecter les institutions, « ses » institutions… La séparation des pouvoirs, dans son ensemble n’est pas respectée : que dire des tentatives d’ascendance sur l’appareil judiciaire ? Sans compter ce fameux traité de Lisbonne, impardonnable trahison qui consiste à faire passer par voie parlementaire un texte pour lequel les Français ont dit non. Les mêmes Français, ceux qui l’ont élu. Le Président Sarkozy se résume tout seul dans l’illégitimité qu’il se dessine au gré des transgressions institutionnelles : incontestable champion. Il annonce par exemple, avant le résultat des élections municipales et cantonales qu’il ne tiendra pas compte des résultats et n’envisage pas de remaniement ministériel !! Lui qui a soutenu les membres de son parti pendant la campagne… Lui qui dit à son fils au téléphone pour le féliciter de sa victoire électorale, « […] en démocratie seule la victoire est belle […] » dixit Jean Sarkozy.

Pour toutes ces raisons nous vous invitons tous à dire au Président de la République :

« TOUCHES MOI PAS A MA FRANCE »


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