Le RPF a aussi décidé de participer au CLIF (Comité de liaison pour l’Indépendance de la France) dont l’objectif est de fédérer les énergies souverainistes et gaullistes en vue des élections européennes de juin prochain. Participent à cette initiative La CEI (Confédération des écologistes indépendants), le RIF (Rassemblement pour l’indépendance pour la France) de Paul-Marie Couteaux, de Jean Pierre Bled et d’Alain Bournazel, l’Union gaulliste et le RPF. L’idée de renforcer le pôle gaulliste d’une éventuelle alliance avec le MPF de Philippe de Villiers et le réseau européen Libertas animait certains de ses membres. Nous y avons répondu favorablement, souhaitant avant tout aider à l’union des souverainistes de Nicolas Dupont Aignan à Philippe de Villiers. Nous devons constater aujourd’hui que cette belle idée peine à se mettre en œuvre. L’égoïsme de certains, les petits calculs des autres, le manque de réalisme politique de beaucoup compromettent sa réalisation. Nous persisterons pourtant dans cette démarche plutôt que de nous replier dans un superbe isolement qui ne pourrait satisfaire que nos égos boursouflés. Il en restera bien quelque chose… Ainsi luttons-nous au sein du CLIF contre la réintégration de la France dans l’OTAN. Des initiatives seront bientôt prises pour marquer notre protestation. Mais comme la bonne volonté ne saurait suffire, nous appelons encore une fois les chefs du souverainisme à s’unir dans l’intérêt supérieur de la France.
Et pour commencer, levons une équivoque ! Besancenot, en 2005, a en effet fait campagne contre la constitution européenne. Mais il s’agissait non pas d’une opposition à la bureaucratie bruxelloise destructrice des identités et des nations, d’une lutte souverainiste affirmant haut et fort l’amour de la patrie, un réalisme politique fondant sa doctrine sur le socle des nations, mais plutôt une simple critique anti libérale de l’Europe de Maastricht, voir d’une demande de plus « d’Europe » mais d’une Europe plus sociale et surtout toujours plus bureaucratisée. À l’international capitaliste, il oppose une internationale trotskiste, une Europe des syndicats et des travailleurs prolétaires. Besancenot déteste les États nations au moins autant si ce n’est plus que les Eurocrates bruxellois. Sa politique de régularisation massive des sans-papiers, son amour d’un métissage prônant le mélangisme et la mixité, son communautarisme brandissant l’hyper intolérance de la tolérance, en font un ennemi avéré de la France.
De même Besancenot ne fait-il que peu campagne sur la réintégration de l’OTAN par la France. Non qu’il soit pour, mais bon adepte stalinien de la fin justifiant les moyens, il considère surement que l’OTAN est un bon moyen de casser la volonté d’indépendance nationale et de détruire l’armée française.
Olivier Besancenot espère capitaliser (il y a des capitalistes qui s’ignorent !) sur la crise sociale en train de s’abattre sur la France. La crise antillaise représente pour lui le modèle de ce qu’il espère importer en France métropolitaine. Ce mélange de lutte sociale extrême et de revendication identitaire vindicative symbolise jusqu’à la caricature l’engagement politique de ce trotskiste passé par l’idéologie antiraciste « touche pas à mon pote ». Réclamant la repentance d’un État nation qu’il exècre, il veut faire rendre gorge à « l’odieux exploiteur » issu de la métropole, capitaliste blanc, nouveau négrier, voué aux gémonies ! Le Béké est bien l’ennemi à abattre, le salaud par excellence que la révolution communiste enterrera. Tout l’imaginaire de Besancenot se trouve condensé dans cet affrontement simpliste et destructeur. Ce conflit ramasse et inspire les combats de la nouvelle génération des gauchistes.
Le conflit antillais qui agite la Martinique et la Guadeloupe est un laboratoire pour un révolutionnaire comme Besancenot. Il espère bien le reproduire en Métropole dès que l’occasion se présentera. Aussi aimerait-il mêler revendication des « sans-papiers » et lutte sociale, fondue dans le même chaudron révolutionnaire. L’occasion fera le larron ! Le but ultime étant de contester les prérogatives de l’État dans sa double dimension régalienne et économique. Le Trotskisme de Besancenot doit s’appréhender comme un rejet systématique de l’État moderne, national et républicain. L’internationalisme affleure à chacune de ses interventions.
Constatons pour finir que l’activisme Sarkozyste, le désordre installé au sommet de l’État, le gout pour la provocation prêtée au chef de l’État, la déconsidération systématique de l’État par l’analyse néo-libérale font le lit du futur mouvement social qui s’annonce. Comme toujours ce dernier risque d’être doublé par sa gauche par les éléments les plus extrémistes. C’est comme ci s’avançait main dans la main, au rendez-vous de l’Histoire, les deux révolutions internationalistes, communistes et libérales, toutes deux issues d’un dix-neuvième siècle qui ne cesse de ressurgir ! Pour nous gaullistes, qui souhaitons réinstaller l’Homme au cœur du système, assurer la prospérité économique de la société nationale, promouvoir la participation, l’association du capital et du travail qui permettra de pacifier la vie sociale, à l’opposé tout autant de la concurrence tous azimuts que de la lutte des classes, il s’agit ni plus ni moins que de l’alliance honteuse de la peste et du choléra. Entre les deux, impossible de choisir ! Juste faire le vœu qu’ils retournent d’où ils viennent, dans les poubelles de l’Histoire. Le passé a disqualifié ses idéologies pourtant toujours florissantes.
À mesure que l’avenir s’assombrit pour la société nationale, se fait jour un besoin toujours plus criant d’un nouveau parti gaulliste renaissant pour défendre la France contre ses ennemis coalisés. Le combat sera rude, mais mérite d’être mené !

Version imprimable

