Le non franc et massif à l’autonomie que les habitants de la Martinique et de la Guyane ont exprimé dimanche aura encore une fois valeur d’exemple ! Appelés à se prononcer par référendum sur la création d’une collectivité territoriale unique dotée de compétences beaucoup plus larges que les régions actuelles, Martiniquais et Guyanais ont respectivement refusé par 79,31 % et 69,80 % des suffrages le projet. La participation s’est élevée à 54,61 % et 48,16 % dans ces deux territoires.
Nous ne nous attarderons pas plus que cela sur les réactions empruntent d’amertumes et de rancœurs des autonomistes, futur ex indépendantistes qui n’ont pas trouvé mieux que d’avancer masqué pour aboutir à une forme d’indépendance qui ne dirait pas son nom ! Madame Taubira n’est après tout que l’héritière légitime de l’élite transnationale et européenne qui ayant échoué à imposer la constitution européenne par voix référendaire, passa piteusement par un traité que l’on imposait aux Peuples en prenant bien soin d’éviter de le consulter à nouveau tout en cherchant à désamorcer la contestation en en camouflant les véritables visées ! Ici, en l’occurrence, on faisait la promotion d’une large autonomie voyant bien l’hostilité quasi générale soulevé par le projet indépendantiste au sein de la population. Gageons qu’on ne les y reprendra plus et que très rapidement un nouveau projet de loi aboutira sans consultation cette fois ci des électeurs à un texte quasi similaire et avalisé par la représentation nationale. Les prémisses de cette manœuvre sont en germe dans les réactions des autonomistes et dans une autre mesure dans celle des pouvoirs publics.
Martiniquais et Guyanais auraient rejeté « l’excellent projet » des autonomistes par peur de la perte de leurs acquis sociaux. C’est toujours le même argument qui est ainsi employé, la peur étant dans le camp des méchants, fondamentalement xénophobe, frileux et arriéré et le progrès, la modernité, dans l’autre, celui de l’Empire du Bien, des élites et du pouvoir en place. Passéisme et archaïsme, ce qui dure…, s ‘opposeraient au sans précédent, au nouveau, à l’avenir, nécessairement positif, formidable et enchanté. Cette vérité axiomatique est aujourd’hui si répandue et bien analysée qu’elle ne saurait souffrir la moindre contestation même de notre part…La force des évidences, surement !
Les choses se compliquent avec les cris de victoire poussés par les ministres du gouvernement en charge du projet et leur soutien UMP. Tout juste la presse s’en étonne et titre sur la réaction paradoxale des autorités publiques. C’est probablement à notre connaissance la première fois qu’un pouvoir organise un référendum dont il se réjouit ouvertement du résultat négatif ressortit des urnes. Réaction d’apprentis sorciers ou comble du cynisme, qu’importe, finalement (Giscard n’avait pas de ces préventions avec par exemple les Comores, laissés à leur triste sort sans consultation populaire préalable), ce qui compte en l’occurrence étant le curieux argument trouvé par les ministres pour se féliciter du résultat. Les Martiniquais et les Guyanais auraient en fait choisi la France, criait leur amour de notre pays. Quel étrange argument… Ces populations ne seraient elles donc pas déjà totalement françaises pour avoir ainsi besoin de dire et de prouver leur adhésion et leur attachement à la nation France. Et pourquoi donc ? Pourquoi donc, l’habitant de Guyane ou de Martinique devrait il démontrer son appartenance à la Patrie plus qu’un Auvergnat ou un Gascon ? Qu’un breton, qu’un corse…
La réponse vous la connaissez tous, c’est la même que celle qu’il faut appliquer à ceux qui jugent que ces populations d’outre mer ne veulent rester dans le giron français que pour la couverture sociale et les avantages d’appartenir à une nation riche et développée. Si Jean Marie Le Pen s’était rendu coupable de cette sortie ou de l’autre, nous pourrions alors employer le mot qui fâche sans risque d’être inquiété, s’indignant ainsi à peu de frais. Il n’en serait surement pas de même avec Madame Taubira ou les ministres de la République, dont la propension au « porter plainte » est maintenant bien établie. Pas besoin de le dire finalement, juste de coller au peuple, d’être ni plus ni moins aussi respectophobe que lui, aussi peu politiquement correct…Dire non, sans plus de commentaire et sans avoir besoin de se justifier ! Dire non et non et encore non, et non aussi à l’interprétation que l’on pourrait faire de notre vote ! Non à nos détracteurs et non à nos soutiens ! Non ! Un point c’est tout ! Ce ne serait déjà pas si mal…